Le classicisme

> > Le classicisme ; écrit le: 28 mars 2012 par La rédaction

Le classicisme:

En France, dans la seconde moitié du XVII siècle, Louis XIV développe une politique culturelle de pouvoir et de grandeur. C’est un nouveau goût pour un idéal de rigueur, de pureté et de simplicité. Au service de la gloire royale, les peintres séjournent à Rome. Ils y redécouvrent les valeurs esthétiques de l’Antiquité grécoromaine.

Un idéal esthétique:

L’art classique français réagit contre les inventions du baroque. Les peintres bâtissent un art de la raison. Ils se tournent vers les grands modèles de l’Antiquité.
Les thèmes mythologiques prédominent. Les peintres choisissent des sujets antiques qui prônent les valeurs de noblesse, courage et probité.
Le dessin prime sur la couleur. Les peintres recherchent la perfection et la valeur des choses dans la précision des lignes et des contours. Le trait découpe fermement et sans équivoque les silhouettes.
La composition est austère et architecturée. Les artistes utilisent les règles de la perspective géométrique. Ils construisent la profondeur du tableau par plans successifs, étape par étape. h Les attitudes sont figées. Les personnages ressemblent à des acteurs de théâtre qui auraient arrêté de jouer et poseraient pour le peintre.
il y a un refus du dramatique et du théâtral. L’artiste simplifie sa composition. Le peintre classique s’adresse à l’intelligence logique du spectateur. Il écarte le détail, l’anecdote et le sensationnel.

Centralisme et académies royales:

Au début du XVII siècle, les artistes sont encore contraints de se regrouper et de travailler sous l’autorité des corporations d’artisans. Les peintres du roi et les artistes indépendants de la cour refusent cette tutelle séculaire. Pour les réunir et les protéger, Mazarin fonde en 1648 l’Académie royale de peinture et de sculpture. C’est une institution d’État qui enseigne et défend les valeurs de la tradition classique. Elle forme les jeunes artistes avec un certain décorum, leur apprend le « bon goût » pictural et les aide dans leur future carrière.

En 1666, Colbert fonde l’Académie de France à Rome. Elle accueille les jeunes artistes français et leur permet d’étudier sur place les grands modèles classiques.

Les peintres au service des rois:

Au cours de son apprentissage, le jeune peintre flamand Philippe de Champaigne (1602-1674) s’installe à Paris. Il rencontre Nicolas Poussin avec qui il partage des commandes. La gravité classique de sa peinture plaît à Louis XIII et au jeune Louis XIV. Il est le peintre officiel de la cour et le peintre favori de Richelieu.
Charles Le Brun (1619-1690) est nommé en 1662 premier peintre du roi. Il préside à la fondation de l’Académie et à l’élaboration du style royal. Il codifie les règles du goût et règne sur la peinture de la cour. Plaidant pour un art de la raison qui s’adresse à l’intelligence avant de satisfaire le plaisir des yeux, il décore Versailles (galerie des Glaces), dirige de 1663 à 1690 la Manufacture nationale des Gobelins et organise les grandes fêtes royales.

les français à Rome:

Deux peintres installés à Rome:

Rome est la capitale des arts. On y trouve les vestiges de l’antiquité et les nombreux témoignages de la Renaissance. La Ville éternelle est aussi la ville du pape et des mécènes. Les peintres français y séjournent régulièrement. Ils y reçoivent leurs commandes, ils y travaillent et envoient ensuite leurs toiles à Paris.
Nicolas Poussin (1594-1665) s’exile à Rome après une brillante formation à Paris. Directement confronté aux maîtres de la Renaissance, il choisit de puiser son inspiration dans le culte de l’art antique. Il admire beaucoup la sculpture romaine, qu’il dessine et copie. Il cherche dans les motifs gréco-romains les clefs d’une beauté esthétique idéale : harmonie des corps, majesté des attitudes, équilibre de la composition. Il estime que dans l’art la raison domine la passion. Surnommé le « peintre philosophe », Nicolas Poussin étudie Virgile, Tite-Live et Plutarque.
Un autre peintre, Claude le Lorrain (1600-1682), réside en Italie. Influencé par la lumière naturelle de la campagne et des villes italiennes, il est le premier peintre de paysages français. Il est aussi célèbre par la production d’une longue série d’œuvres représentant un coucher de soleil sur un port.

L’inspiration du poète:

Le tableau de Nicolas Poussin reprend un sujet mythologique qui s’adresse à la raison : le poète Virgile écrit un poème sous la dictée d’Apollon, dieu de la Poésie et de la Musique. Apollon demeure sur le mont Parnasse. Il porte une couronne de laurier et joue de la lyre. Drapé dans un long vêtement, il est accompagné par Calliope, la muse de la poésie épique. Les gestes de Calliope et d’Apollon font directement référence aux attitudes des personnages de la sculpture antique. Pour renforcer l’unité entre les personnages, Nicolas Poussin limite sa gamme de couleurs.

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