Le fauvisme

> > Le fauvisme ; écrit le: 28 mars 2012 par La rédaction

Le fauvisme:

Poursuivant les recherches chromatiques de la fin du xix1 siècle, un groupe de jeunes peintres exalte la puissance de la couleur et radicalise l’usage des contrastes colorés. Pour porter la couleur à son paroxysme, les artistes travaillent dans la lumière des villages de Provence.

Des couleurs pures:

Henri Matisse (1869-1954), André Derain (1880-1954), Raoul Dufy (1877-1953) et Mau¬rice de Vlaminck (1876-1958) rejettent l’académisme des maîtres officiels. Ils veulent libérer la couleur de la tutelle du dessin. Dans un article daté du 17 octobre 1905, le critique d’art Louis Vauxcelles qualifie de « fauves » ces artistes qui peignent avec «une orgie de tons purs». Le terme va rester.
Pour créer de violents effets de contrastes, les fauves juxtaposent des couleurs très vives. Ils combinent des masses colorées lumineuses et éclatantes qui se répondent, s’affrontent et se repoussent de part et d’autre de la toile. La couleur s’émancipe, elle devient autonome. La forme est simplifiée, la couleur coule et déborde du dessin. Le spectateur est pris dans un tourbillon de sensations colorées.

Les influences:

Les peintres fauves s’inspirent des théories de la couleur (division des tons purs) de Paul Signac (1863-1935) et d’Henri-Edmond Cross (1856-1910). Ils agrandissent la touche néo-impressionniste pour peindre des petits carrés colorés qui transforment la surface de la toile en une vibrante mosaïque multicolore.
En 1901, une exposition Van Gogh à Paris influence aussi la jeune génération, qui découvre les effets de la couleur, griffée et tracée impulsivement.
Henri Matisse, le chef de file des fauves, étudie l’œuvre de Paul Gauguin. Il possède déjà depuis 1898 une peinture du maître de Tahiti, Le Jeune Homme à la fleur. Une grande exposition Gauguin est organisée en 1903 au Salon d’automne à Paris. À cette occasion, il redécouvre la puissance des larges aplats de couleur pure. Les couleurs s’étalent sans dégradés et sans nuances. Le contour des formes est tracé en bleu et en noir. Le choix de la teinte ne correspond plus à la réalité du modèle, les arbres sont bleus, les chevaux deviennent rouges.

Les thèmes et les voyages:

Maurice de Vlaminck apprécie la poésie des bords de la Seine. Il occupe avec Derain un atelier aux portes de Paris, à Chatou. Mais, très vite, la lumière du Midi illumine la peinture fauve. Henri Matisse est invité par Signac et Cross dans un petit village inconnu de Provence : Saint-Tropez. Il commence à peindre sur place une ébauche, Luxe, Calme et Volupté. Présentée au Salon des indépendants de 1905, cette toile est très admirée pour l’harmonie de ses couleurs.

Après 1908, chaque peintre reprend son autonomie, le mouvement des fauves disparaît. Henri Matisse poursuit ses expériences sur la force expressive de la couleur. En 1930, il visite la Polynésie et se confronte au « paradis » de Gauguin. À la fin de sa vie, il invente la technique des papiers découpés : « dessiner » avec des ciseaux qui taillent et sculptent directement dans des papiers de couleur.

la couleur exaltée:

Les effets de matière:

Dans le Portrait de Mme Matisse à la raie verte, Matisse peint avec beaucoup d’effets de matière. La touche est rapide et nerveuse. Le visage est vigoureusement taillé dans une couche de peinture épaisse, à la façon primitive de l’art nègre. Les contours sont tracés par des traits bleus et noirs. Les couleurs de l’arrière-plan sont organisées à la manière d’un décor rayonnant, par zones lumineuses successives qui encadrent la figure principale cloisonnée. Henri Matisse ne craint pas de faire brutalement jaillir la couleur verte
sur l’arête lumineuse du visage. Il compose sa toile en disposant de violents effets de contrastes colorés, rouge et vert, orange et bleu.

Les effets colorés:

Pendant l’été 1905, Derain et Matisse travaillent ensemble à Collioure, dans les Pyrénées-Orientales. Derain expérimente de nouveaux effets colorés. Il peint « des barques multicolores sous cette lumière méditerranéenne qui supprime les ombres ». La composition s’organise autour d’une ligne oblique qui coupe le tableau dans sa diagonale. La touche est large. On retrouve un effet de dessin cloisonné : les taches et les aplats de couleur dessinent de proche en proche la totalité de la toile, comme dans un vitrail.

Vidéo : Le fauvisme

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