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L’expressionnisme

Vous êtes ici : » » L’expressionnisme ; écrit le: 28 mars 2012 par La rédaction

L’expressionnismeL’expressionnisme:

Au début du XX siècle, un mouvement né en Allemagne regroupe de fortes personnalités d’intellectuels qui renient la notion de beau supposée chère à la bourgeoisie. Les peintres usent d’un langage plastique suggestif ; ils gravent leur perception angoissée du monde dans la couleur autant que dans le trait.

Le reflet d’un monde en crise:

Le début du XX siècle voit la constitution de groupes d’intellectuels allemands et autrichiens qui expriment leur angoisse et leur révolte face à l’imminence de la Première Guerre
mondiale et à la montée des mouvements nationalistes en Europe. Les morts prématurées et la fin tragique de certains d’entre eux contribueront à leur réputation d’artistes «maudits» écartés de l’art officiel et persécutés par les nazis. On trouve dans ce mouvement le peintre belge James Ensor (1860-1949), Edvard Munch (1863-1944), artiste norvégien, le Français Georges Rouault (1871-1958) et Chaïm Soutine (1894-1943), réfugié lituanien.



Les sujets variés abordés par Rouault, comme les clowns, les magistrats et les prostituées, sont autant de témoignages d’un existentialisme amer qui trouve une force d’expression
dramatique dans la couleur sourde sertie de traits lourds (témoins d’un passé de verrier).
La quête de Soutine trouve un écho à sa propre fragilité dans les êtres les plus vulnérables de la société, dont il réalise des portraits graves et inquiets. La mort, toujours présente,
habite les toiles d’Ensor, sous des masques colorés et des squelettes. Elle teinte de verdâtre les ombres de Ernst Kirchner (1880-1938) et la chair des corps torturés qu’Egon Schiele (1890-1918) livre au regard.

Un dessin déformant et fébrile:

Les expressionnistes cultivent les déformations afin d’accentuer encore le pathétique et l’angoisse. Les lignes et les contours d’Edvard Munch, alourdis de noir, ondulent, s’aiguisent d’un trait incisif ; ils malmènent les corps de Schiele et d’Oskar Kokoschka (1886-1980) et provoquent une tension visuelle de la surface picturale.

Le choc des couleurs:

La force émotionnelle du langage plastique des expressionnistes vient également du choix chromatique de leur palette. Les couleurs sont vives ou acides, parfois irréelles. Le pinceau rapide qui déstabilise ou sature l’espace de la toile (rouges somptueux de Soutine et orange acide d’Emil Nolde, 1867- 1956) contribue à la sensation de choc et de violence.

Deux groupes majeurs:

Die Brücke (le Pont):

En 1905, de jeunes artistes allemands se regroupent à Dresde autour du peintre Ernst Kirchner et appellent leur mouvement contestataire Die Brücke. Ils utilisent un langage plastique brutal aux couleurs irréelles et violentes, déjà présent chez Van Gogh, Toulouse-Lautrec et Munch, et redécouvrent la force expressive de la gravure sur bois. Le groupe est dissous en 1911.

Der Blaue Reiter (le Cavalier bleu):

A Munich, en 1911, un groupe de peintres, dont Kandinsky (1866-1944), travaille à mettre en relation la peinture et la musique contemporaine et publie le fruit de son travail sous la forme d’un almanach (L’Almanach du Blaue Reiter, 1912). Les artistes du groupe exaltent lu recherche du spirituel dans l’art non figuratif. Ces réflexions théoriques aboutissent l’année suivante à la publication de Du spirituel dans l’art, de Kandinsky, ouvrage fondamental de l’histoire de l’art qui ouvre la porte à l’abstraction. La première Guerre mondiale éclate et met lin nu Blaue Reiter.

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