Un site du réseau encyclopédique Savoir.fr
➔ ARTS ET DECORATION

les églises romanes

Vous êtes ici : » » les églises romanes ; écrit le: 22 mars 2012 par La rédaction

les églises romanes

La floraison des églises



À la fin du Xe siècle, quand les envahisseurs normands (les Vikings) puis hongrois ont été repoussés ou assimilés, l’Europe occidentale retrouve la prospérité. La société féodale prend son essor. L art de bâtir aussi se réveille, et entre dans une période de deux siècles qu’on a appelée, au début du XIXe siècle. L’art roman. Dans sa Chronique, écrite vers 1040, un moine de Cluny, Raoul Glaber, fait part de son émerveillement devant 1 ardeur de l’Europe à « revêtir un blanc manteau d églises ». Sans doute pense-t-il aux petites églises des campagnes, mais plus encore aux églises monumentales qui fleurissent particulièrement en Normandie, Bourgogne, Lombardie. Rhénanie et Catalogne : grandes cathédrales (l’église où siège l’évêque), églises de pèlerinage et majestueuses abbatiales (l’église d’une abbaye où vit une communauté de religieux).

Alors que la guerre menace, que toute chose créée paraît vulnérable, l’ordre et la cohésion du monde sont puissamment assurés par l Église. Chacun se rassure par son appartenance à la chrétienté. C’est ce que montrent avec éclat les « empires » monastiques de Cluny et de Cîteaux, deux abbayes fixées en Bourgogne. Depuis sa fondation en 910. le rayonnement de Cluny se fait ressentir dans toute l’Europe : en 1108, mille deux cents maisons religieuses sont placées sous son autorité. Sa rivale, Cîteaux, fondée en 1098, passe pour être la mère, de trois cent quarante-trois monastères appelés cisterciens (« de Cîteaux »). A cette époque, l’activité architecturale bat son plein. Abbatiales et cathédrales sont le fi nit de vastes programmes de construction, où les besoins de la liturgie se combinent avec la volonté d’édifier des églises en pierre.

Des églises plus vastes

Les fidèles se pressent en masse dans les églises. Ils affrontent les mille dangers de la route pour partir en pèlerinage auprès de sanctuaires lointains et célèbres : Jérusalem, Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle… Ils se tournent avec dévotion et ferveur vers les saints et les martyrs : il faut voir et toucher leus reliques, que les églises conservent avec un soin jaloux dans leur crypte ou dans leur chœur. Le clergé, de plus en plus nombreux, est l’intermédiaire obligé entre Dieu et l’humanité. Mais il ne suffit plus de consacrer sa vie à la prière en tant (pie moine, il est mieux encore d’être prêtre et de célébrer chaque jour le sacrifice de la messe.

Ces nouvelles aspirations et pratiques religieuses poussent à agrandir l’espace des églises : le transept se développe, et la nef s’allonge et se déploie pour accueillir les fidèles ; le chœur s’approfondit pour permettre le déroulement de liturgies grandioses avec un clergé abondant. Souvent, pour faciliter la circulation et l’accès des pèlerins aux corps des saints sans que cela perturbe le déroulement des offices dans le chœur, on met en place une galerie qui contourne le chœur, et qu’on appellera le déambulatoire (du latin ambulare, « se promener »). Des chapelles rayonnantes s’ouvrent sur celui-ci, et des absidioles sur le transept : elles multiplient les lieux de prière et les autels.

Ainsi naît, vers la fin du XIe siècle, un type d’église qui rencontre un franc succès à travers l’Europe, notamment aux étapes des pèlerinages. La plus ambitieuse de toutes ces

églises est l’immense abbatiale de Cluny, édifiée de 1081 à 1130. Son plan grandiose de 187 mètres de long, ses deux transepts, son ample chœur, ses multiples chapelles et ses six tours lui permettent alors de rivaliser même avec Saint-Pierre de Home. Mais quelque temps plus tard, les Cisterciens imposent une architecture plus austère et plus simple, que défend avec ardeur saint Bernard (1091- 1153), et dont l’abbaye de Fontenay avec son abbatiale bâtie de 1139 à 1147 est un des plus beaux ensembles d’architecture cistercienne.

Le souci de voûter les églises

Une ambition obstinée anime tous les architectes de cette époque : construire de vastes voûtes en pierre pour remplacer les charpentes et les plafonds en bois trop souvent victimes des incendies. Ils savent déjà le faire pour de petits volumes, mais quand il s’agit de voûter toute une église, c’est une autre question. En effet, le poids des voûtes et les forces qui y sont en jeu exigent des murs épais ou des piliers puissants et, de toute façon, un contre-butement : il faut construire des contreforts pour éviter que l’église ne s’écroule.

En un siècle, maintes expériences sont tentées, maints échecs subis, comme lors de l’effondrement des voûtes à Cluny en 1120. Mais la persévérance des bâtisseurs permet de multiplier les solutions : des voûtes en berceau sans ou avec doubleaux, des voûtes en berceau brisé, des voûtes en berceaux transversaux, des voûtes d’arêtes, des files de coupoles…

Pour maintenir la cohésion de l’édifice, en plus des contreforts, des dispositifs variés sont employés : ou construit des tribunes au-dessus des bas-côtés ou on élève les collatéraux presque à la même hauteur que le vaisseau central. Aujourd’hui la simple beauté, l’harmonie des volumes, les extraordinaires décors sculptés font des églises romanes, par exemple en Bourgogne, en Normandie, en Auvergne, un ensemble d’œuvres qui nous vont droit au cœur.

Vidéo : les églises romanes

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : les églises romanes

https://www.youtube.com/watch?v=uH7fbNRTDHk

← Article précédent: Article suivant:

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles