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Les mouvements dans la peinture : Renaissance

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Renaissance ; écrit le: 16 mai 2012 par La rédaction

Dans cet article:

Les mouvements dans la peinture : Renaissance

CONTEXTE

la Renaissance, période d’essor intellectuel et humaniste, développe une production artistique, philosophique et scientifique en Italie, entre le Moyen Age et les Temps Modernes, aux XVe et XVIe siècles. La Rinascita, « Renaissance » en italien, traduit dès le Quattrocento (xv siècle), le renouveau de la culture gréco-romaine. Ce glorieux passé national étudié d’abord à travers sa littérature puis ses vestiges et ses créations artistiques, sert de modèle à la nouvelle société au mépris du Moyen Age. Les humanistes placent leur confiance dans le savoir qui permet une maîtrise rationnelle du monde et qui fait émerger l’individu de la masse. Un renouveau pictural s’élabore à Florence dans ce contexte intellectuel, amorcé par Masaccio vers 1425 et étendu aux autres cités- États italiennes. L’apogée de la Renaissance se situe à Florence, à Rome et à Venise au Cinquecento (XVIe siècle).



Le maniérisme constitue dès 1520 sa phase finale. Dans la plupart des cas, cette brillante civilisation se propage sous cette forme tardive en Europe. L’art de la Renaissance puise sa vitalité dans les cités princières, alors que la chevalerie et la féodalité subsistent ailleurs en Europe. Les Médicis à Florence, les Sforza à Milan, la papauté à Rome, le duc de Montefeltre à Urbino rivalisent de magnificence. Les artistes mis en concurrence voyagent sans répit d’Etat en Etat pour se faire connaître des mécènes et pour parfaire leur savoir tant intellectuel que technique. Ils s’efforcent d’adapter leur pinceau au gré des commandes-officielles (princières) ou privées des familles telles que les Scrovegni à Padoue et les Rucellai à Florence. Les nouveautés picturales développées à cette époque constituent la base de la peinture occidentale jusqu’au xx siècle.

CARACTÉRISTIQUES

Les artistes de la Renaissance décorent les murs à fresque, utilisant le panneau de bois et la toile pour la peinture de chevalet. La toile se généralise à Venise dès 1520. Les œuvres du Quattrocento sont souvent réalisées a tempera. Le procédé flamand à l’huile, diffusé en Italie par Antonello de Messine, moitié du XVe siècle. L’art profane, destiné à la gloire des princes et des cités, se développe. Le culte de l’humain s’exprime dans le portrait, les sujets allégoriques érudits et l’histoire. L’art religieux s’enrichit de nouveaux thèmes dans lesquels les peintres déploient leur imagination. La figure de Dieu s’humanise, le choix des sujets porte sur l’incarnation, la vie et la mort de Jésus ; la Vierge serre tendrement l’Enfant Jésus comme une jeune mère. L’Antiquité gréco-romaine lègue à la Renaissance les sujets mythologiques et le nu.

Giotto (1266/7-1337), considéré parfois comme le premier peintre de la Renaissance, délaisse l’hiératisme médiéval pour l’observation de la nature. Les maîtres du Nord s’y intéressent aussi, mais la représentation de la réalité devient rationnelle à Florence au xv  siècle avec la perspective linéaire. À partir d’un point de fuite placé à l’horizon dans le tableau, l’artiste trace des lignes de fuite jusqu’aux bords inférieurs, souvent soulignées par l’architecture et le pavage. Dans cette construction et par une connaissance mathématique des proportions et de la science des raccourcis, les peintres installent les personnages et les motifs à l’échelle selon l’éloignement. Le système illusionniste requiert une connaissance théorique de l’anatomie, une maîtrise parfaite du dessin pour définir les formes et réaliser les détails : voiles transparents, broderies, tissus, fleurs et fruits.

Les compositions, d’abord statiques et souvent triangulaires, tendent vers la complexité et le mouvement au XVI siècle. La lumière uniforme et claire traduit un espace abstrait au Quattrocento ; sa source artificielle provient de la partie supérieure gauche et permet la mise en volume par le clair-obscur (chiaroscuro). Des effets d’ombre et de lumière plus contrastés au Cinquecento estompent les contours et créent un modelé illusionniste, dont le sfumato (enfumé) de Léonard de Vinci montre l’effet extrême. Les couleurs, mates au Quattrocento, se fondent ensuite grâce à la technique à l’huile qui permet aussi de traduire l’éloignement par la dégradation des tons et des contours (perspective atmosphérique). Ces innovations s’exacerbent ponctuellement au XVe siècle.

Le xviesiècle effectue la synthèse pour atteindre la sensation de la vie : qualité de la peau, vérité des poses, mouvement, présence psychologique appelée « état d’âme » par Léonard de Vinci. Cependant, les artistes de la Renaissance recherchent moins le réalisme que la beauté et l’harmonie. Ils créent à partir de l’observation de la nature, mais ne l’imitent pas. L’étude de la civilisation gréco-romaine guide les artistes vers un idéal de perfection. Elle influence le décor architectural et les motifs appelés « grotesques ». La philosophie fournit le type humain idéal dans ses proportions, sa musculature, l’ovale parfait du visage, le nez droit, le front triangulaire, l’expression mesurée et l’équilibre dynamique du corps par le hanchement. Ce modèle débouche sur la pureté classique de Raphaël au Cinquecento. La lecture de Vitruve, architecte romain du r siècle av. J.-C., apprend que la forme humaine peut s’inscrire dans des figures géométriques parfaites (carré, cercle).

Les artistes enrichissent cet apport de leurs réflexions théoriques personnelles : Albrecht Dürer, par exemple, déduit ses proportions en référence à un élément du corps pris pour module, la beauté des formes naît de leur interaction. Marsile Ficin, helléniste et philosophe au service des Médicis à Florence, concilie les idées de Platon avec le christianisme, cette doctrine néoplatonicienne inspire les créateurs comme Michel-Ange. Le dessin, vecteur de la création, prime sur la réalisation peinte au point que les grands maîtres, tels Raphaël et Véronèse, confient facilement l’exécution des tableaux à des collaborateurs.

Artistes

QUATTROCENTO

Le Florentin Paolo Uccello (Paolo di Dono, dit, 1397-1475) se passionne pour les perspectives compliquées et stylise les corps géométriquement. Masaccio (Tommaso di Ser Giovanni, dit, 1401-1428), applique le premier, en peinture, la perspective de l’architecte Brunelleschi. 11 place de vrais personnages dans un espace tangible, leur donne une densité et les fait communiquer humainement par des gestes et des regards.

Fra Angelico (Guido di Pietro, dit, 1387-1455), et Fra Filippo Lippi (1406- 1469) reprennent à Florence les nouveautés introduites par Masaccio.

Piero délia Francesca, (Piero di Benedetto, dit, v. 1416-1492), un des artistes les plus importants du Quattrocento, tente une synthèse entre mathématiques et peinture. Ses figures très plastiques baignent dans la lumière.

Andréa del Castagno (Andréa d’Agnolo di Francesco, dit, 1423-1457), Antonio Pollaiolo (1431-1498), Andréa del Verrocchio (Andréa di Cione, dit, 1435-1488) marquent d’un graphisme net leurs figures aux muscles fins et saillants.

Giovanni Bellini (1430-1516), issu d’une famille de peintres, influence les grands Vénitiens du Cinquecento par son colorisme. .

Antonello de Messine (v. 1430-1479) se forme à Naples et en Sicile, régions liées aux Flandres, desquelles lui vient son goût pour une minutieuse observation descriptive. L’artiste assimile aussi les innovations toscanes. Il  diffuse peut-être la technique à l’huile en Italie et influence les Vénitiens. Andréa Mantegna (1431-1506), peint avec un souci d’archéologisme et de virtuosité dans le rendu anatomique et les raccourcis et travaille au service de la famille Este de Mantoue.

Botticelli (Sandro di Mariano Filipepi, dit, 1445-1510) cultive la ligne et l’intellectualisme profane. À la fin du xv siècle, à Florence, il verse dans l’ascétisme après les prédications de Savonarole.

Vittore Carpaccio (v. 1465-1525) associe netteté des formes, luminosité des couleurs, lumière limpide, pour installer dans un espace volumétrique des figures vraies d’un goût parfois fantaisiste et oriental.

CINOUECENTO

Léonard de Vinci, (Leonardo di Ser Piero da Vinci, dit, 1452-1519) symbolise le génie de la Renaissance. Il  aborde tous les domaines : sculpture, architecture, optique, mécanique, anatomie, botanique, etc. Mais la peinture prime, car elle permet selon lui de créer à l’égal de Dieu.

Michel-Ange, (Michelangelo Buonarroti, dit, 1475-1564) considère au contraire que la sculpture surpasse la peinture.

Ses figures puissantes et sculpturales expriment de plus en plus au fil du temps des sentiments tourmentés (tension musculaire, torsion des poses et couleurs stridentes).

Raphaël, (Raffaello Santi ou Sanzio, dit, 1483-1520), subit profondément l’influence de Léonard, peint une série de Madones d’une exquise suavité, puis atteint l’expression parfaite de l’idéal classique et serein prôné par ses amis humanistes.

Andréa del Sarto, (Andréa d’Agnolo di Francesco, dit, 1486-1530) représente de manière significative le classicisme florentin. Il subit l’influence de Léonard et de Raphaël. Il en retient l’équilibre des formes et une sérénité rêveuse.

Le Corrège, (Antonio Allegri, dit, 14897-1534) précurseur du baroque un siècle avant son éclosion, il affirme sa virtuosité dans ses fresques.

Titien, (Tiziano Vecellio, dit, 1488-1576) suggère les formes, laisse visible la trace du pinceau sur des toiles à texture épaisse, manie les couleurs somptueuses (les ors et les rouges). Son talent le rend célèbre auprès de Charles Quint, des princes et des pontifes ; il domine la peinture vénitienne de son temps.

Véronèse, (Paolo Caliari, dit, 1528-1588), décorateur de génie, excelle dans les vastes compositions aux architectures monumentales traitées en teintes claires et lumineuses.

EXPANSION EN EUROPE :

Espagne

Le style de Pedro Berruguete (v. 1450-1504) reste marqué par Carpaccio et Piero délia Francesca après son séjour’ italien.

France

Jean Fouquet (1420-1477/1481) devient en France le précurseur sans lendemain de la Renaissance italienne.

Pays-Bas

L’originalité et la tradition résistent aux nouveautés italiennes. L’édo- sion d’une nouvelle peinture au xv’ siècle parallèlement à la Renaissance italienne, suggère le réel par la justesse des valeurs et non en recréant un monde sur la base du dessin. Quentin Metsys (1466-1530) semble être le premier à accueillir l’influence italienne. Suivent Josse Van Clève, actif à Anvers entre 1511 et 1540, Barend Van Orlay (1488-1541), Jan Gossaert, dit Mabuse (entre 1478 et 1488-1532) et Lucas Huyghensz, dit Lucas de Leyde (1489-1533).

Pays germaniques

Albrecht Dürer (1471-1528) domine la peinture et la gravure, l’attention passionnée qu’il prête à la nature et à l’interrogation de son propre visage, rappelle Léonard de Vinci. Comme lui, il se considère créateur à l’égal de Dieu. Il  repense le canon du corps humain par un système de proportions. Ses emprunts à la Renaissance ne masquent pas son génie hérité du Moyen Age.

Lucas Cranach (1472-1553) emprunte à la peinture italienne sans altérer son style purement germanique.

Albrecht Altdorfer (v. 1480-1538), grand peintre de l’ÉCOLE DU DA­NUBE, insuffle une atmosphère fantastique à ses paysages historiques.

Hans Holbein (1497/8-1543), fils de Hans l’Ancien, combine la figuration rationnelle renaissante à la tradition expressive issue du gothique germanique.

ŒUVRES

La chapelle Brancacci, Masaccio, 1424-1427, Santa Maria del Carminé, Florence.

La Flagellation, Piero délia Francesca, v. 1445-1446, Galerie nationale, Urbino.

La Bataille de San Romano, Uccello, v. 1456-1460, musée du Louvre, Paris ; musée des Offices, Florence ; National Gallery de Londres.

La Chambre des époux, Mantegna, achevée en 1474, palais ducal de Mantoue.

Le Printemps, Botticelli, 1478, musée des Offices, Florence.

Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu, 1497-1502, Mantegna, musée du Louvre, Paris.

La Joconde, Vinci, v. 1503-1506, musée du Louvre, Paris.

L’Adoration des Mages, Dürer, 1504, musée des Offices, Florence.

Fresque du plafond de la chapelle Sixtine, ” Michel-Ange, 1508-1512, palais du Vatican, Rome.

L’École d’Athènes, le Parnasse, Raphaël, 1509-1511, chambre de la Signature, palais du Vatican, Rome.

L’Amour sacré et l’Amour profane,  Titien, v. 1515-1516, Galerie Borghèse, Rome.

Autoportrait, Jean Fouquet, v. 1450-1460, musée du Louvre, Paris.

Les Noces de Cana, Véronèse, 1563, musée du Louvre, Paris.

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