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Les mouvements dans la peinture : Classicisme

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Classicisme ; écrit le: 16 mai 2012 par La rédaction

Dans cet article:

Les mouvements dans la peinture : Classicisme

Contexte

le mot « classique », utilisé à ta Renaissance, détermine une forme parfaite définie d’après le modèle antique gréco-romain. Depuis Heinrich Wôlfflin et la parution en 1898 de son ouvrage l’Art classique, les historiens de l’art tentent de cerner un style sous cette appellation par opposition au baroque. Le classicisme se développe dans les arts plastiques, l’architecture, la littérature et la philosophie. La peinture, modérée et harmonieuse, porte à la méditation et étudie des maîtres anciens pour exprimer la morale et par ailleurs le drame.



À l’aube du xvii’ siècle, le peintre italien Annibale Carrache propose un classicisme neuf face aux débordements superficiels du maniérisme et le diffuse par le biais d’une académie de peinture fondée à Bologne en 1582 avec son cousin Ludovic (1555-1619) et son frère Augustin (1557-1602). L’Académie des Incamminati propose une formation de l’esprit avec les écrits d’Aristote, l’étude des grands maîtres de la peinture italienne : Raphaël, Michel-Ange, Titien et l’observation de la nature par la pratique du dessin, d’après le modèle vivant et la caricature, pour en saisir l’expression. L’art des proportions, de la perspective, des mathématiques, du modelé par les ombres et des effets de raccourci complète l’enseignement. Cet élan classique reste vigoureux jusque vers 1630 en Italie. Il  influence la peinture française respectueuse des règles, de l’équilibre et de l’ordre sous les ministères de Richelieu (1624-1642) et de Mazarin (1642- 1661) et prend la forme d’un classicisme dynamique et monumental qui incarne le « grand goût » sous le règne de Louis XIV. Le style français reflète la conception de l’« honnête homme », qui brille par son esprit et domine ses passions. L’essor du classicisme correspond à la consolidation des États-nations centralisés.

Caractéristiques

Les fresques décoratives plafonnantes adoptent le système des tableaux rapportés à la voûte. La peinture classique développe les sujets nobles à la gloire de l’action humaine. La peinture d’histoire s’inspire de l’Antiquité (l’Énéide de Virgile), de la Bible, de la mythologie, de la poésie bucolique latine et de la littérature de l’époque. Les cortèges triomphaux occupent une large place, ainsi que les sujets qui exaltent les sentiments, comme Didon abandonnée par Énée, le Massacre des Innocents et le Jugement de Salomon, lequel présente le sage confronté aux passions humaines. Les figures posées les unes à côté des autres participent à la cohérence du récit par une gestuelle savamment étudiée et par l’expression des émotions (affetti) sur les visages. Le classicisme met en place le paysage historique composé. Les peintres étudient la nature sur le vif avec des esquisses, des notes et des croquis et recréent à l’atelier un paysage intellectuel basé sur les lois de la perspective. Ponctué de constructions antiques et romaines {le château Saint-Ange) ou de « fabriques » (architectures imaginaires situées dans la campagne), le paysage sert de décor aux petites scènes pastorales et aux thèmes historiques et mythologiques. Ce genre insiste sur la fragilité humaine face à la force immuable de la nature.

Les compositions théâtrales et stables appliquent fréquemment le schéma pyramidal. Les pleins et les vides des murs et.des ouvertures rythment la représentation. La perspective rejette l’illusionnisme gratuit. Le dessin domine la couleur. Les peintres empruntent la pureté de la ligne raphaélesque, précisent les formes et donnent un modelé ferme, parfois sculptural, aux personnages. statuaire gréco-romaine influence les drapés majestueux, la nudité héroïque, le hanchement dynamique et la correction des physionomies selon le modèle idéal : front triangulaire, nez droit. Cependant, l’observation de la nature mène vers une figuration humaine véridique et individualisée. La lumière, parfois chaude et poétique, éclaire uniformément ; sa source artificielle provient d’en haut à gauche. Le coloris franc guide l’œil du spectateur et l’informe. La technique du pinceau, maîtrisée, donne un rendu lisse à la surface.

Artistes

Italie

Annibale Carrache

(1560-1609) renouvelle le classicisme en combinant l’observation de la nature, l’inspiration de l’Antiquité et l’étude des œuvres tardives de Raphaël. Il inaugure, en outre, le paysage historique.

Guido Reni

(1575-1642) exprime les tourments humains, mais reste fidèle à l’idéal solennel inspiré de Raphaël par les figures monumentales et sereines qu’animent des gestes dansés.

L’Albane

(Francesco Albani, dit, 1578-1660) développe un style gracieux qui séduit les amateurs privés. Le Dominiquin (Domenico Zampieri, dit, 1581-1641) de Bologne, participe à l’élaboration du classicisme. Il peint des fresques monumentales ainsi que des toiles raffinées et porcelainées.

Giovanni Francesco Romanelli (1610-1662) fait partie de la deuxième génération classique italienne. Il  utilise une palette claire avec un bleu qui lui est particulier.

France

La carrière de Nicolas Poussin (1594-1665), illustre peintre français, se déroule en Italie dès 1624. Il  délaisse progressivement la palette claire et dorée marquée par Titien pour un style rigoureusement intellectuel reconnu comme une expression pure du classicisme. Le peintre adhère à la philosophie stoïcienne et insuffle au paysage une puissance qui submerge la figure humaine à force de rigueur et de méditation. Dans la première moitié du XIXe, le maître inspire le NÉO-POUSSINISME, école officielle du paysage français à laquelle appartient Achille-Etna Michallon (1796-1822). Les œuvres de Jacques Stella (1596-1657) présentent des figures élégantes au modelé sculptural. Il se particularise par un éclairage froid et une gamme colorée assourdie.

Philippe de Champaigne (1602-1674) exprime dans ses œuvres la pensée janséniste. Il réalise des tableaux religieux pour les couvents et les églises. Son style un peu austère se reconnaît à la symétrie des compositions, aux draperies savantes et aux coloris frais : bleu sonore et rose.

Le Lorrain (Claude Gellée, dit, v. 1602-1682) passe toute sa vie à Rome et se consacre au paysage inspiré de la campagne romaine. Les vues, habitées par de petites scènes de l’Antiquité et de la Bible, baignent dans une atmosphère lumineuse et lyrique. Les personnages antiquisants de Laurent de La  Hyre (1606-1656) évoluent dans une atmosphère limpide. Le paysage occupe une place grandissante dans sa carrière.

 Pierre Mignard (1612-1695) rivalise avec Le Brun à qui il succède dans ses charges en 1690. Très apprécié pour ses portraits et ses décors à fresque, l’artiste imprime une douceur un peu excessive à ses figures et recherche le raffinement des couleurs.

Gaspard Dughet (1615-1675), né et mort à Rome, décrit des sites précis des environs de Rome avec des torrents et des rochers escarpés. Le style noble et monumental de Charles Le Brun (1619-1690) se forge au contact du classicisme poussinesque avec un sens du dynamisme appris aux côtés de son maître Simon Vouet. Premier peintre du roi sous Louis XIV, il marque les arts plastiques de son temps en dirigeant l’Académie royale de peinture et de sculpture instituée en 1648.

ŒUVRES

Le Triomphe de Bacchus et d’Ariane, Carrache, 1597-1604, fresque de la galerie Farnèse, Rome.

Paysage avec la Fuite en Egypte, Carrache, 1602-1603, galerie Doria Pamphili, Rome.

Le Massacre des Innocents, Reni, 1611, Galleria Nazionale, Bologne.

Chasse de Diane, le Dominiquin, 1616, galerie Borghése, Rome.

L’Embarquement de la reine de Saba, Le Lorrain, vers 1640, National Gallery, Londres.

Les Bergers d’Arcadie, Poussin, v. 1638-1640, musée du Louvre, Paris.

Le Jugement de Salomon, Poussin, 1649, musée du Louvre, Paris.

Les Miracles de sainte Marie pénitente, Champaigne, v. 1656, musée du Louvre, Paris.

Le roi gouverne par lui-même, Le Brun, 1661, galerie des Glaces, château de Versailles.

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