Un discours centré sur la société

> > Un discours centré sur la société ; écrit le: 29 mai 2012 par La rédaction

On doit aussi penser l’œuvre et les artistes dans des cadres intellectuels et sociaux. Il s’agit d’avoir présent à l’esprit que l’artiste n’existe que grâce à la reconnaissance par le public de son statut particulier. Aussi les questions posées sont de première importance : les sujets traités en art, la reconnaissance des femmes comme artistes, la perspective comme « forme symbolique » des savoirs et des préoccupations d’une société.

 Tous les sujets se valent-ils?

La notion de genre

On a vu que la doctrine académique avait établi une stricte hiérar­chie des genres de l’imitation. Cette hiérarchie, qui implique que si aucun sujet n’est étranger à l’art de peindre tous ne relèvent pas du même mérite, trouve son origine dans la Grèce ancienne. Aristote, dans sa Poétique note que si l’imi­tation est naturelle aux hommes et se manifeste dès leur enfance (1448 b), elle doit s’appliquer non pas aux hommes, mais aux actions et à la vie, au bonheur et à l’infortune. C’est l’action qui est première, avant les caractères et les pas­sions qui ne viennent que par surcroît. « La fable est donc le principe et comme l’âme de la tragédie; en second lieu seulement viennent les caractères. En effet, c’est à peu près comme en peinture où quelqu’un qui appliquerait les plus belles couleurs pêle-mêle charmerait moins qu’en esquissant une image » (1450 a). C’est donc en raison de l’action que la tragédie imite l’homme agissant. La théorie de ‘Ut pictura poesis en exigera tout autant de la peinture. Le grand genre ou grand goût sera donc celui capable d’exposer les grandes actions des grands hommes, et de les couvrir sous le voile de la fable et de l’allégorie pour leur donner valeur universelle. Nicolas Poussin (1594-1665) en fournira le modèle à l’Académie. La nature morte, le paysage, certaines « scènes de genre », pour­ront toutefois prêter à la réflexion ou à la méditation sous la forme de vanités ou de memento mori. Cette hiérarchie sera renversée au cours du xvm’ siècle lorsque l’accent sera mis sur la spécificité de la peinture, art immobile, opposée à la poésie, art de la durée, plus apte à imiter des actions (cf. infra).

Le terme genre désigne aussi un type de peinture de petit format traitant de scènes pastorales, galantes, de la vie quotidienne, sentimentales ou liber­tines, de chasse ou de toute autre scène évoquant une certaine forme de peinture populaire, et même naïve.

Le nu est-il un genre?

Le nu est parfois considéré à lui seul comme un genre (André Béguin, Dictionnaire technique et critique du dessin, 1978). La nudité nous donne le sentiment d’approcher les dieux, car, écrit l’historien d’art Kenneth Clark (Le Nu, 1969), « nous nous sentons encore proches de la divinité dans ces brefs instants d’identification où, à travers notre propre corps, nous croyons percevoir un ordre universel ». Image de la nudité de l’âme, le nu est d’essence spirituelle pour l’artiste. Il est un moyen poétique, une métaphore, il se réfère au portrait romain présentant l’effigie symbolique du disparu, devenu une vertu sans âge, une représentation idéalisée, quasi abstraite. Les sculpteurs, tels Houdon, Canova et Rodin, ne craignent pas de représenter Voltaire, Napoléon, et Victor Hugo dans une nudité intégrale, qu’on qualifie d’« héroïque ».

Le genre ,une notion toujours en vigueur?

Dès le xvme siècle le paysage est revalorisé et la notion même de « genre » cesse d’être pertinente. Ce n’est plus le paysage en tant que tel qui intéresse les impressionnistes, mais l’étude des effets de lumière qu’il permet mieux que d’autres « motifs ».

On a un temps pu croire que le cinéma avait pris la relève et répondait à ce besoin d’émouvoir en racontant des histoires. Ce n’est pas vraiment le cas. Par le recours au mythe et par le moyen de la figuration d’une part, par le recours au discours et par le moyen conceptuel, d’autre part, l’ancienne hiérarchie des valeurs en art s’est réaffirmée. Mais en deçà et au-delà du sujet (qu’il soit per­sonnage, visage, animal, paysage, ou pot de fleurs, chez un artiste comme Gérard Gasiorowski qui fait de ces sujets la matière de son travail), la nature du discours a complètement changé.

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