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L’Art : la sculpture dans la ville au XIX siècle en france

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L’Art : la sculpture  dans la ville au XIX  siècle  en france

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Les monuments commémoratifs

Avant la Révolution, glorifier un personnage en faisant élever sa statue était réservé soit, sur la place publique, au monarque, soit, dans les églises, aux élites disparues de l’aristocratie, de  l’armée ou du clergé. Au début du XIXe siècle, la dimension sacrée de ces représentations demeure : l’une des premières mesures de Louis XVIII, lorsqu’ il arrive au pouvoir en  1815, est de remplacer les statues d’Henri IV, Louis XIII et Louis XIV que les révolutionnaires avaient détruites. Le roi interdit, en 1816,à quiconque d élever un monument à un personnage sans son autorisation.

Mais la nation est alors divisée par des luttes politiques : le pays traverse trois révolutions, trois républiques, deux monarchies et deux empires. Or le XIXe siècle est le siècle de l’histoire et, pour réunir les Français autour d’une histoire commune, on remet à l honneur les grandes figures qui se sont illustrées dans la sauvegarde du pays, comme Vercingétorix. Bayard ou Jeanne d’Arc. Cette vision dépasse alors 1 histoire des souverains et fait appel à des figures populaires.

Peu à peu, la représentation s’étend aux héros militaires comme Le Grand Condé, sculpté par David d’Angers, ou aux personnages légendaires. Le monument offre de multiples possibilités de marquer I importance accordée au personnage, du simple buste à la statue équestre. A la fin du siècle, chacun cherche ses « ancêtres » : les agronomes, les inventeurs, les médecins, etc. L’envie d avoir sa statue touche 1 homme du peuple, le soldat ou I industriel, comme Xavier Jouvin, inventeur d un procédé de taille des gants : sa statue (1869) fut interdite à trois reprises avant d être inaugurée à Grenoble en 1889.

L’évolution de la ville et le culte du progrès

Les villes se modifient : 1 augmentation de la population urbaine entraîne la construction de nouveaux quartiers. Les anciens remparts sont détruits et font place à de grands boulevards bordés d’arbres. La modernisation des transports. la multiplication des voitures, la nécessité de distribuer l’eau plus largement amènent à percer ou à élargir les rues, à aménager des fontaines publiques. Les villes s’ornent en même temps d’un nouveau décor sculpté sur les places, les jardins et les parcs, les façades des mairies, les écoles…

Toutes les sciences se développent : non seulement la chimie, la mécanique, la médecine, mais aussi l’ethnographie, l’histoire, l’archéologie. L’art se doit d’éduquer le public. En mettant à 1’honneur des hommes qui se sont illustrés par leurs découvertes ou leurs mérites, on pense encourager des valeurs comme la vertu, le courage, le patriotisme – tout ce qui peut contribuer au développement scientifique, intellectuel et moral de la nation. C’est ce que Baudelaire appelle le « rôle divin » de la sculpture : le piédestal est comme un autel sur lequel se dresse la statue, les inscriptions gravées sur les socles sont des professions de foi, des reliefs racontent les hauts faits du personnage. Pour l’inauguration d’un monument, des cérémonies comprenant cortèges et discours sont organisées. Elles se renouvellent à date fixe pour entretenir la mémoire commune.

La sculpture allégorique

La statue est aussi un moyen d’exposer ses convictions, de défendre ses idées, surtout après rétablissement définitif de l’IIIe République. La sculpture permet de donner une image à des idées politiques abstraites – c’est ce qu’on appelle l’allégorie. La monarchie était autrefois représentée par le roi, la république sera une femme, appelée Marianne. Il faut rendre visibles les idéaux de liberté et de justice du nouveau régime, comme le fait Dalou dans Le Triomphe de la République. Symboles des idées et des institutions, les sculptures publiques sont liées à ceux qui les ont élevées. C’est pourquoi, lorsqu’ un régime est aboli, on détruit aussi ses images. Le Napoléon Ier de la colonne Vendôme fut abattu deux fois, après la chute du premier puis du second Empire (1815 et 1871).

Les jardins et les parcs échappent un peu à cette politisation de la sculpture : on y installe plutôt des figures mythologiques, des allégories des saisons ou des sentiments. L’un des exemples les plus monumentaux est la fontaine des Quatre Parties du monde, par Carpeaux et Frémiet, installée avenue de l’Observatoire à Paris en 1873.

Réalisme ou symbolisme ?

Mais lorsque la statue représente un roi, un homme politique ou un médecin, le sculpteur, pour frapper I imagination du spectateur, exécute le portrait avec un réalisme très fidèle et des gestes stéréotypés : les orateurs lèvent le bras en l’air, les écrivains tiennent une plume, les chimistes une cornue…

Aux environs de 1900, plusieurs sculpteurs s’affranchissent de ce style. Lorsqu’il entreprend Les Bourgeois de Calais (1884-1898),  Rodin est dans la tradition du XIXe siècle : il voulait faire un monument au « patriotisme humain, l’abnégation, la vertu ». Il pense même, à un moment, placer les six figures à même le sol, afin que le spectateur soit entouré par elles. Son but est d’évoquer, par un modelé très expressionniste, par la torsion des corps et l’aspect torturé des visages, le drame de ces hommes allant vers la mort.

 

 

 

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