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Le vêtement d’intérieur

> > Le vêtement d’intérieur ; écrit le: 21 mars 2012 par La rédaction modifié le 22 octobre 2018


Détailler le vêtement d’intérieur, c’est aborder des sujets aussi intimes que le sommeil, l’hygiène et l’environnement domes­tique. Mais c’est surtout, à travers son évolution, montrer le dimorphisme sexuel et mettre l’accent sur les changements entre l’espace public et l’espace privé.

De l’Antiquité au Moyen Âge

□  Dans l’Antiquité, qu’elle soit grecque, romaine ou égyptienne, la chemise de nuit était utilisée pour dormir.

□  Au Moyen Âge, période où se construisit la différenciation sexuelle et le senti­ment amoureux, on dormait le plus souvent nu, car il ne fallait pas confondre les sexes. Cependant, il existait bien une chemise de nuit appelée chemise de lit, plus ample que la chemise de jour dont le port, le soir, revêtait une signification bien précise : le refus d’accomplir le devoir conjugal.

De la Renaissance au XIXe siècle

□  Jusqu’à la Renaissance, dormir seul dans une chambre était réservé à une élite. On dormait soit nu soit avec sa chemise de jour. On pouvait recevoir ses invités assis sur son lit, simplement vêtu d’une chemise très longue.


□  Au xviie siècle, seules les personnes fortunées pouvaient se permettre d’acheter pour dormir une chemise de nuit ample en coton ou en linon, qui descendait jusqu’aux genoux.

□  Sous Louis XVI, le linge de nuit gagne en qualité et en quantité. La reine possède des manteaux de nuit, des peignoirs, des déshabillés et des camisoles nocturnes. Les bourgeois de ce siècle adoptent des vêtements d’intérieur aux tissus souples, symboles de réussite sociale.

□  C’est au siècle suivant que s’opère réellement la coupure entre le public et le privé. Les vêtements d’intérieur vont donc correspondre à des critères précis. Le matin, il est possible de revêtir une robe de chambre ou un peignoir. L’après-midi est propice aux robes d’intérieur, sans ornements et de couleur sobre. Quant à la che­mise de nuit, toujours longue et en coton ou en lin, elle reste cantonnée au coucher.

Du vêtement spécifique aux vieux vêtements

□  La lingerie de nuit au xxe siècle va, elle aussi, passer du fonctionnel à la séduc­tion. Les matières synthétiques, plus pratiques, vont rivaliser avec le coton et le lin traditionnels. Mais, surtout, le vêtement de nuit va être soumis aux aléas de la mode, se diversifier et effacer pour certains la disparité entre les vêtements fémi­nin et masculin. Aujourd’hui, les symboles ont changé, et porter une robe de chambre est signe d’oisiveté et de nonchalance.


□  Dans les années 70, les vêtements d’intérieur ont suscité un véritable engoue­ment aux États-Unis. Robes d’hôtesse, peignoirs divers sont portés à la maison pour recevoir. Depuis, les comportements se sont nivelés. Pour recevoir ou rester chez soi, on revêt plus volontiers des vêtements usagés, voire son survêtement de sport, et pour dormir, de la lingerie sexy, une chemise de nuit, un pyjama ou, de plus en plus souvent, un T-shirt.

Petit vocabulaire de chambre

■   La robe de chambre

Au XVIII siècle, la robe de chambre était un vêtement ordinaire qui, contraire­ment au vêtement de jour très raffiné, était simple. La tendance s’inverse au siècle suivant. La robe de chambre est alors essentiellement masculine. Confectionnée dans des tissus de velours ou de brocart aux couleurs vives, elle est richement ornée de bro­deries et de passementeries diverses, et s’oppose au vêtement de jour noir. Les changements de vocabulaire traduisent de façon explicite son évolution. La robe de chambre, pièce du vestiaire mascu­lin, pouvait également s’appeler désha­billé. Aujourd’hui, ce terme s’applique à un vêtement d’intérieur spécifiquement féminin, constitué d’une chemise de nuit et d’une robe de chambre réalisées dans le même tissu. Cousin de la robe de chambre, le peignoir était jadis son équivalent féminin. Il désigne de nos jour un vêtement, souvent confectionné en éponge, qui s’enfile à la sortie du bain. Délaissée par les hommes, la robe de chambre est peu à peu devenue un vêtement d’intérieur féminin.

■   Le pyjama

L’étymologie du terme « pyjama » est à rechercher dans les civilisations hindou et perse, qui désignaient ainsi le panta­lon. À l’inverse de la robe de chambre, le pyjama était un vêtement féminin d’extérieur, porté sur les plages dans les années 20. Peu à peu, le pyjama servit de vêtement d’intérieur ou de vêtement de nuit, surtout auprès des femmes. Jusqu’aux années 40, il était dédaigné des hommes, qui lui préféraient la che­mise de nuit. Il faudra attendre les années 60 et 70 pour voir le pyjama porté par les deux sexes.

Dès lors réalisé dans différents tissus aux inspirations multiples, ce vêtement d’intérieur est soumis aux aléas de la mode. Mais surtout, il devint le symbole du vêtement d’intérieur masculin. Son ambivalence dedans/dehors homme/ femme est régulièrement réinterprétée par les couturiers qui, comme Sonia Rykiel ou Dries Van Noten, en font des ensembles de jour. Parallèlement, le pyjama d’intérieur subit les mêmes évo­lutions que le vêtement en général et troque son pantalon pour un bermuda ou un short, pour plus de confort.


■   La nuisette

Réalisée à l’origine en nylon transparent et infroissable, la nuisette va révolutionner le vêtement de nuit en introduisant la notion de séduction.

C’est une Américaine, Nancy Mecher, qui créa ce vêtement féminin.

La nuisette devint dans les années 50 l’emblème des pin-up du cinéma américain, ce qui contribua ainsi largement à sa diffusion.

Vidéo : Le vêtement d’intérieur

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Le vêtement d’intérieur


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Une réponse pour "Le vêtement d’intérieur"

  1. mathio  18 octobre 2012 at 22 h 18 min

    bonjour je recherche un deshabille de femme de fin 19siecle pour jouer dans une piece de feydeau

    Répondre

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