Le vêtement : La filature

> > Le vêtement : La filature ; écrit le: 19 mars 2012 par La rédaction

Dans la mémoire collective le fuseau demeure le symbole de la filature et d’une activité féminine. Quant au terme filature, il recouvre à la fois l’action de transformation de la matière pre­mière brute et les entreprises qui la pratique. Il existe diffé­rentes techniques de filage selon la fibre utilisée.

Il était une fois le fuseau

□  L’action de filer est sans conteste l’une des plus anciennes de l’humanité. La fabrication d’un fil de laine, de lin ou de coton se décompose en trois temps : le décorticage et le nettoyage (égrenage) ; le desserrement et le redressement des fibres (cardage et peignage) ; le filage.

□  Le filage est lui-même subdivisé en trois phases :

–  plusieurs filaments sont tirés de la filasse et rassemblés en une mèche ;

–  la mèche est roulée en fil par torsion ;

–  le fil est mis sur la bobine, prêt à être tissé.

□ Le principe est resté inchangé jusqu’à nos jours. Les fils simples sont cylindriques et subissent une torsion plus ou moins forte. Le sens de cette torsion s’exprime par le symbole S lorsqu’ils sont tordus de gauche à droite et par le symbole Z lorsqu’ils sont tordus de droite à gauche. Le fils retors est une réunion de plusieurs fils simples, obtenu par une tor­sion inverse à celle des fils.

La filature moderne

□  La filature est classée en deux catégories : la filature des fibres courtes ou dis­continues, dite filature de type coton, et la filature des fibres longues, dite filature de type laine.

□  La filature des fibres continues est appelée filage, que les fibres soient d’origine animale (soie) ou chimique. Pour leur permettre d’être mélangées avec d’autres, on les coupe, ce qui les rend discontinues. Elles sont alors filées avec des tech­niques de fibres discontinues.

Les actions de la filature

□  Le peignage est apparu dès le Néolithique. Il consiste, comme le cardage, à rendre parallèles les fibres et à ôter les plus courtes. Le ruban de fibres est peigné avec des peignes de plus en plus fins, qui leur donnent finesse et douceur. La laine peignée donnera des tissus fins et légers, mais onéreux.

□  Le cardage est la première action de parallélisation et de séparation des fibres par passage entre des rangées de crochets disposés sur des rouleaux rotatifs. On obtient ainsi le ruban de carde. 11 fallut attendre le XIIe siècle pour voir la mention « carde » apparaître, désignant l’outil garni de chardons. Les étoffes obtenues sont dites cardées. Généralement moins solides et plus pelucheuses que les peignées, elles ont un toucher plus rustique mais sont meilleur marché.

La texturation

■   Le but

La texturation est une opération qui, sous l’effet de la chaleur, consiste à augmenter le volume et parfois l’élasti­cité d’un fil synthétique, dont les fila­ments sont plats. Les principales quali­tés des fils texturés sont : la douceur, le volume, l’amélioration de l’élasticité. Les fils qui se prêtent le mieux à la texturation sont les polyesters et les polyamides.

■   La texturation par torsion de fil ou FT

Le fil est d’abord tordu dans un appareil à torsion. En même temps, on lui fait tra­verser un élément de chauffage. Après fixation, le fil est détordu par rapport à sa torsion initiale. La frisure est désordon­née, spiralée et très élastique. Le fil devient gonflant et son toucher est très doux. Ses applications sont multiples : bas, collants, sous-vêtements, maillots de bain, tissus élastiques pour panta­lons, vêtements de sport et de loisir.

■   La texturation par torsion de fil ou fausse torsion fixée FTF

Le fil est d’abord tordu suivant le même procédé que dans la torsion, mais il est chauffé deux fois. La frisure est spiralée, le fil volumineux donne une élasticité réduite. Son toucher reste doux. On en fait des vêtements féminins tricotés ou tissés, et des vêtements de sport.

■   La texturation par soufflage ou Taslan

Les brins composant le fil continu sont ébouriffés par un jet d’air très violent : les brins forment des bouclettes, s’enchevêtrent, et le fil augmente de volume. Ce procédé n’utilise pas de fixation par la chaleur. Il s’applique aux fibres synthétiques, artificielles en brins continus et à la soie. Les fils obtenus sont très gonflants et conviennent au tissage des soieries.

■   La texturation par bourrage ou Banlon

Ce procédé, dont le brevet a été déposé aux États-Unis en 1955, consisteàdon- ner du volume à un fil de viscose en le comprimant. Le fil non tordu est introduit dans une chambre de bourrage munie d’un corps de chauffe. Il subit un traite­ment humide sans tension qu’on appelle relaxage. Les fils produits sont surtout destinés au tricotage pour des jerseys ou des pull-overs légers.

Vidéo : Le vêtement : La filature

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Une réponse pour "Le vêtement : La filature"

  1. Hélène Rabu  9 octobre 2012 at 21 h 14 min

    Les matériaux textiles usagés, de soie, de nylon, de coton, etc, récupérés par les « chiffonniers » étaient une matière première pour les filature. Où, quand, comment… Pour quelle sorte de fils ? Il y avait des trieurs, et des « recettes » pour faire les couches superposées de ces matériaux récupérés, précédemment lavés et broyés, pour la fabrication de fils. Je cherche des renseignements sur cette récupération, cette fabrication, ses usages. A Hucheloup, filature-tissage de la commune de Cugand, c’était une source d’approvisionnement. En savez-vous plus ?

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