Les Bellini peintres

> > Les Bellini peintres ; écrit le: 14 août 2012 par La rédaction

Ils sont trois de la même famille, trois peintres qui ont travaillé à Venise au XVe siècle et au début du XVIe siècle.  De Jacopo, le père, on ne sait rien avant 1423, date à laquelle il est l’élève du peintre Gentile da Fabriano à Florence. L année suivante, il ouvre un atelier à Venise où il travaille jusqu’à la fin de sa vie, en 1470. Ses deux fils, Gentile et Giovanni, sont avec lui dès 1450. De son œuvre de peintre, on ne connaît aujourd’hui que quelques Madones, qui semblent plus liées au passé que ses deux albums de dessins, où il a multiplié les recherches sur la perspective.

Gentile Bellini, 1429-1507, est le fils aîné de Jacopo. Dans I atelier du père, toute la famille travaille sur les mêmes tableaux et, après sa mort en 1470. Gentile et son frère Giovanni partagent le même atelier. Gentile se distingue par son taleni de portraitiste. En 1474, il est chargé de faire le portrait des doges, les dirigeants de la république de Venise, et est envoyé en mission officielle à Constantinople, pour faire le portrait du sultan Mehmet II, dont le visage, de profil, est peint d’un trait fin et précis.

Les trois grandes compositions que lui commandent des confréries religieuses, les Scuole («Écoles »), entre 1496 et 1501, racontent la vie des saints et leurs miracles. Dans La Procession à Saint-Marc et Le Miracle de la Croix au pont San Lorenzo, la foule se presse en de longs défilés encore immobiles et solennels, avec, en toile de fond, des vues d’une Venise très colorée.

Giovanni Bellini (vers 1430-1516) entre dans l’atelier familial à l’âge de dix-neuf ans. A ses débuts il est très marqué par la peinture de son père,

mais la rencontre avec Mantegna, son voisin de Padoue et son futur beau- frère, est pour lui déterminante. Il comprend très vite la nouveauté de la peinture de Mantegna, la force de son dessin et l’articulation nouvelle de l’espace dans ses tableaux. Il s’en inspire, tout en laissant sa riche personnalité s’exprimer dans les couleurs chaudes et la lumière douce.

En 1464, il peint un de ses premiers chefs-d’œuvre, Le Retable de saint Vincent Ferrier : la lumière effleure les figures majestueuses dessaints qui entourent la Vierge et semble leur donner vie.Il reçoit de nombreuses commandes de la république de Venise et des confréries religieuses, les Scuole, qui prennent en charge les pauvres et les malades. Ces confréries sont très riches et font appel aux artistes en renom pour décorer leurs églises de retables, de Madones ou de Pietà, représentation de la Vierge portant le Christ mort sur ses genoux.

Bellini voyage en Italie du Nord, à Ferrare, à Urbino surtout, où la découverte de la peinture de Piero della Francesca lui donne toute sa maturité. Lorsqu’il peint en 1470- 1471 Le Couronnement de la Vierge de Pesaro.  L’utilisation parfaite fie la perspective pour représenter l’espace montre qu’il a  assimilé ce qu’il y avait de nouveau dans la peinture de ses contemporains.

A partir de 1480. il dirige les travaux au palais des Doges, mais il est souvent rappelé à l’ordre car les travaux n’avancent pas. Dans son atelier, les élèves sont très nombreux, bénéficiant de son enseignement et de ses recherches. Le thème des Madones à l’enfant est souvent repris et toujours renouvelé par l’imagination de  l’artiste. Présenté assis sur un parapet, l’Enfant Jésus est entouré des figures  des saints ; au fond, le paysage représente la campagne italienne, ses collines fertiles et ses villages fortifiés. Giovanni Bellini exprime la tendresse et l’amour  maternel. La lumière enveloppe  les volumes, les adoucit et met  en  harmonie l’homme et la nature. Il  a soixante-dix ans et  il continue à tenir le devant de la scène. La vie  artistique à Venise est en pleine effervescence. La nouvelle génération de Peintre. Giorgione, Lorenzo Lotto et Titien , est pour lui un défi qu’il relève sans cesse, faisant preuve d’une créativité exceptionnelle. En 1505, il peint Le     Retable de San Zacearía., qui impressionne par la majesté de la  Baniposition, par l’équilibre de l’architecture et par la somptuosité  des couleurs.

Après 1510. il emprunte beaucoup de ses thèmes à l’Antiquité : il trouve de magnifiques histoires dans la anthologie ou dans la Bible. La joyeuse bande du Festin des dieux se repose après un copieux repas, les jeunes déesses sont de charmantes évocations de la femme.

Giovanni Bellini a quatre-vingt-cinq ans et vient d’achever La Femme a sa toilette. Une jeune femme nue, assise dans sa chambre, arrange sa coiffure. Elle tient dans la main un miroir qui révèle les fines perles de sa chevelure. Beauté parfaite, elle exprime la tendresse du vieux peintre quand il contemple la jeunesse. Il meurt l’année suivante en 1516 ■

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