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Les mouvements dans la peinture : Ecole de Pont-Aven

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Ecole de Pont-Aven ; écrit le: 18 mai 2012 par La rédaction

Les mouvements dans la peinture : Ecole  de Pont-Aven

CONTEXTE

Pendant l’été 1888, Paul Gauguin abandonne l’impressionnisme pour une peinture épurée recherchant une richesse poétique et un sens du sacré plus que de la réalité. De jeunes peintres optent avec lui pour le cloisonnisme et le synthétisme. Ce courant esthétique symboliste persiste jusqu’au tournant du siècle (—► SYMBOLISME). Pont-Aven, village du Finistère, donne son nom au groupe. La Bretagne, isolée des courants continentaux, semble aux hommes du xix’ siècle une terre immuable hors du temps, qui attire les artistes. Gauguin déclare avec enthousiasme : « J’aime la Bretagne. J’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ». Pauvres et mal aimés, les peintres du groupe de Pont-Aven prennent pension chez Marie Gloanec. Ils s’opposent farouchement à la peinture officielle, rejettent le modèle gréco-romain et s’inspirent de l’estampe japonaise, de l’art populaire (gravure d’almanach) et du Moyen Age (vitrail, sculpture). Ils révèlent leurs créations d’un style résolument nouveau au café Volpini à Paris en juin 1889.



CARACTÉRISTIQUES

Les artistes puisent leurs sujets dans les traditions, tels la lutte bretonne et les costumes traditionnels. La campagne bretonne et la vie de tous les jours les inspirent. Ils évoquent une foi religieuse ancestrale et magique et donnent aux figures un hiératisme archaïque. L’espace du tableau s’échelonne du bas vers le haut par des plans simplifiés. Le CLOISONNISME renforce l’effet de surface et consiste à cerner chaque motif d’un trait. Ces « cloisons », inspirées de l’estampe japonaise, évoquent les plombs qui sertissent les pièces de verre dans la technique du vitrail (—> JAPONISME). La ligne synthétise les formes, réduit les détails et ondule de manière décorative.

L’absence de source lumineuse définit un modelé rudimentaire. Les couleurs pures et violentes appliquées en aplat et éloignées du ton réel, ressortent parmi les tons sourds et manifestent le souci de synthèse. La matière picturale lisse s’anime de quelques frottis.

ARTISTES

Paul Gauguin

(1848-1903) confère l’unité au style et associe les artistes de l’école de Pont-Aven. La recherche du primitif l’entraîne vers le petit village du Pouldu en 1889, puis vers Tahiti en 1891.

Le Néerlandais Jacob Meyer De Haan (1852-1895) vit avec Gauguin au Pouldu et subit son influence.

Séduit par les simplifications des estampes japonaises, Louis Anquetin (1861-1932) définit le cloisonnisme.

Charles Laval

(1862-1894) voyage avec Gauguin à la Martinique (1887), puis à Pont-Aven en 1888 et expose au café Volpini en 1889.

Paul Sérusier

(1863-1927) adopte des tons sourds et transmet les conceptions esthétiques de Gauguin aux Nabis.

Charles Filiger

(1863-1928) traduit un sentiment sacré sincère dans une représentation stylisée.

Émile Bernard

(1868-1941) se Tend à Pont-Aven en 1888.

Le cloisonnement des plans colorés simplifiés le séduit. Il s’écarte du style dans les années 1890 pour une figuration mystique.

Armand Seguin

(1869-1903) séjourne à Pont-Aven de 1888 à 1894.

OEUVRES

La Vision après le sermon ou Jacob et l’Ange

Gauguin, 1888, National Gallery of Scotland, Edimbourg.

Cour de ferme au Pouldu,

Meyer De Haan, 1889, musée Kröller-Mülk- Otterlo. Bretonnes aux ombrelles, Bernard, 1892, musée d’Orsay. Paris.

La Vieille Bretonne sous un arbre

Sérusier, vers 1898, musée : Saint-Germain-en-Laye.

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