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L’évolution d’une méthode:l’affirmation d’une production collective

Vous êtes ici : » » L’évolution d’une méthode:l’affirmation d’une production collective ; écrit le: 28 février 2013 par La rédaction

L'évolution d'une méthode:l'affirmation d'une production collectiveLa période récente connaît à Dunkerque une nouvelle rupture, bien différente de celle de la reconstruction, mais qui donne lieu à la première opération urbaine d’envergure sur le centre-ville depuis la guerre. L’aménagement des espaces publics s’inscrit en effet dans la démarche plus globale du projet urbain forma­lisée par l’agence d’urbanisme13 et entre en relation avec le pro­jet Neptune relatif à l’aménagement de la zone limitrophe du centre-ville incluant la partie la plus à l’est du port – l’arrivée de Michel Delebarre à la mairie de Dunkerque en 1989 marquant un renouveau décisif du municipalisme local. Comme le plan de Leveau, le projet urbain se propose de procéder à une nou­velle extension du centre-ville (à l’ouest, sur les terrains désaffectés du port et non plus à l’est sur les terrains des anciennes fortifi­cations et d’utiliser cette extension pour améliorer les liaisons entre les communes et quartiers de l’agglomération. Par rapport à la reconstruction, la différence urbanistique notable relève des méthodes utilisées qui constituent l’une des originalités des années 1990 dans cette ville : pratique du plan masse chez Leveau, philosophie ouverte d’aménagement avec le projet urbain concré­tisée par le masterplan présenté par l’équipe britannique Richard Rogers Partnership (RRP) en juillet 1991, au terme d’un concours. Dès lors, la politique d’aménagement des espaces publics de Dunkerque est pensée par ses acteurs comme une requalification ou une reconquête. Autrement dit, intervenant sur une ville déjà reconstruite, l’aménagement des espaces publics réfère immédiatement à une historicité.

Les années quatre-vingt-dix montrent une prise de conscience de l’importance des espaces publics dans un nouveau contexte qui, après une longue période d’extension urbaine, est celui où la ville fait retour sur elle-même, sur son propre bâti. Cet « aménagement de l’aménagé » s’intéresse particulièrement aux différentes entités de l’agglomération, fruits du zoning dL'évolution d'une méthode:l'affirmation d'une production collectivee l’après- guerre, et dont les logiques d’aménagement se révèlent exclusives les unes des autres. Plutôt que de «franchir plus aisément les coupures, de multiplier les traversées », ce qui revient à considérer « la coupure comme intangible »15, l’agence d’urbanisme pro­pose de mettre en perspective la ville à partir de ces marges. Si, dans un premier temps, le regard s’est arrêté sur ces zones aveugles de l’urbanisation, dans un second temps, le regard s’y déporte pour considérer l’ensemble de la ville à partir de celles-ci. C’est exac­tement le processus mis en œuvre pour les espaces publics.



Tandis que dans le plan d’urbanisme académique le texte a pour fonction de commenter le plan ou le dessin, dans le projet urbain, c’est le plan, ou le dessin, qui devient un commentaire du texte. Comme, à Dunkerque, le Projet d’agglomération substitue le texte comme outil de médiation du système d’acteurs à ce qui assume traditionnellement cette fonction, le plan, l’espace public ne fait pas en premier lieu l’objet d’un dessin mais de l’expression d’une philosophie d’aménagement.

Les espaces publics se révèlent alors être les leviers essentiels du projet urbain, porteurs d’une dynamique que le projet entend (ré)initier. La mise en place d’un atelier de travail (ivorkshop) spécifique aux espaces publics, composé de l’ensemble des inter­venants (urbanistes, paysagistes, artiste, services techniques.), doit permettre d’éviter les deux principaux écueils de l’amé­nagement d’espaces publics : interventions-manifestes d’archi- tectes-paysagistes mal insérées dans le contexte urbain ; opérations au coup par coup des services techniques municipaux. L’origi­nalité de la démarche est soulignée — y compris par rapport à Brest où la réflexion est restée limitée à l’agence d’urbanisme. Témoin et gardien de la philosophie d’aménagement en assu­rant une coproduction des espaces par un « collectif d’énon­ciation », le workshop est confronté à la permanence des services techniques municipaux, à l’égard desquels il développe un argumentaire pédagogique.L'évolution d'une méthode:l'affirmation d'une production collective

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