/*

La ZUP de Beaulieu-Le Rond-Point à Saint-Etienne

Vous êtes ici : Accueil » Architecture » La ZUP de Beaulieu-Le Rond-Point à Saint-Etienne

[tab:ARTICLE]

le décalage des savoir-faire architecturaux et paysagers

À Saint-Étienne, au sud-est de l’agglomération, sur le versant sud de la colline de Beaulieu, en forte pente et d’aspect semi-rural, la ZUP de Beaulieu est mise à l’étude dès 1950. Elle débute en 1953 et comprend 1 221 logements, un groupe scolaire et 35 bou­tiques. Des parrains prestigieux et l’élite de l’architecture sté- phanoisesont mobilisés pour ce premier grand ensemble local.

Tantôt les bâtiments suivent le dessin de la courbe de niveau 600, devenue rue Le Corbusier, tantôt ils s’installent perpendi­culairement à la pente, reliés à la rue par des passerelles ou de grands escaliers. A l’implantation exemplaire des bâtiments répond une maîtrise raffinée du végétal d’accompagnement, décliné selon les modes habituels aux squares urbains, avec une virtuosité étonnante dus aux talents de l’ingénieur des Services techniques de la ville, Jean Marc, associé à l’équipe de concep­tion dès l’origine de l’opération.

Le vocabulaire de l’art des jardins s’adapte au grand ensemble : les espaces sont découpés à partir des courbes de niveau et des allées, et caractérisés par un système de haies et de contre-haies (haies étagées doubles ou triples) constituées de troènes com­muns ou dorés, prunus, berbéris et buffets de laurier, et sont plantés d arbres rythmés et colorés (érables négundo et acacias), ou parfois fastigiés (la gamme d’arbres est d’ailleurs peu riche), selon un dessin géométrique et des alternances de couleurs. Ces espaces verts ne sont réalisés qu’à partir de 1964, après avoir été longtemps laissés en prairies fauchées. Cet état de fait, dû au départ à l’étirement des financements des projets d’espaces exté­rieurs, s’inscrivait aussi dans la logique de conception de notre ingénieur, qui pensait « qu’il était nécessaire de laisser vivre un groupe d’habitations avant de planter » – afin de reprendre notamment les chemins tracés par l’usage.

Cette réalisation révèle le décalage entre les réflexions et les savoir-faire architecturaux et paysagers et exprime quelques traits caractéristiques de la pratique paysagiste. Le festonnage des haies qui jalonne les espaces extérieurs rejoint celui des collines boca- gères surplombant les bâtiments. Il rappelle le site environnant et inspirera plus tard l’AUA et Alexandre Chemetoff pour la réhabilitation du quartier de Montreynaud.

Relevons que, sans l’action concertée des services de la ville et de l’office d’HLM, qui finança entièrement la réalisation des espaces verts, rien n’aurait été fait à cette époque, compte tenu du désintérêt pour cet aspect du projet des principaux responsables du chantier. « D’ailleurs, à cette époque, les architectes ne jouaient pas au paysagiste… »

Le quartier de l’Aubépin à Chalon-sur-Saône : habiter dans un parc

Le modèle explicite était celui de l’office d’HLM de Chalon-sur- Saône, créé par Henri Pasquier au quartier de l’Aubépin, pre­mier grand ensemble où il est fait appel à un paysagiste. Personnalité truculente, il est convaincu de l’importance de sa profession ; sa remarque citée en ouverture de ce texte évoque le désintérêt général pour le traitement des espaces verts, qui para­doxalement a permis la réalisation d’exemples remarquables.

Pasquier intervient une fois les bâtiments implantés, sur le terrain d’une ancienne tuilerie, d’une superficie de trente hectares. En 1954, 1 500 logements sont répartis dans deux types de barres disposées selon une trame nord-sud en périphé­rie du site ; ils entourent un grand espace central qui a atteint aujourd’hui une belle maturité végétale et où domine le sentiment d’ « habiter dans un parc » : « Le parti adopté a été le plus simple. Il s’agit en somme d’un aménagement paysager libre, collant au sol et faisant alterner les vastes pelouses enso­leillées et les zones de boisements. »

Sur un site défavorisé et morcelé, les accidents du terrain ont été utilisés au mieux pour mettre en place une scène bucolique. Des éléments existants ont été conservés – deux grandes exca­vations argileuses transformées en pièces d’eau poissonneuses, un petit ruisseau (aujourd’hui disparu) et certains arbres —, des matériaux locaux ont été utilisés — sables et cassons de Bourgogne. Mais le projet apparaît essentiellement comme un projet auto­nome, très intériorisé et ouvert sur le ciel, que le végétal cherche à protéger de l’extérieur. L’atout essentiel de cette cité-parc est la pérennité de ses structures végétales, obtenue par des techniques de plantations rigoureuses et un entretien soigné dû à 1 équipé mise en place par Pasquier. Tous les massifs ligneux ont été plantés en jeunes sujets enfermés dans des enclos de protection. De nombreux parterres de vivaces dans les clairières n’ont pu être maintenus, du fait de la diminution des effectifs d’entretien et de l’évolution des techniques. De nombreuses haies qui constituaient la lisière des massifs forestiers ont aujourd’hui dépéri à l’ombre des arbres devenus grands.


[tab:VIDEOS]

Vidéo : La ZUP de Beaulieu-Le Rond-Point à Saint-Etienne

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : La ZUP de Beaulieu-Le Rond-Point à Saint-Etienne

http://www.youtube.com/watch?v=dfKDYxrEbgo [tab:END]

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié