Le vêtement : Typologie des entreprises

> > Le vêtement : Typologie des entreprises ; écrit le: 22 mars 2012 par La rédaction modifié le 13 novembre 2014

En France, les entreprises de production de prêt-à-porter féminin forment une nébuleuse de petites structures, tandis que la branche masculine a conservé un héritage plus industriel. Pour définir cette industrie, on emploie souvent le terme de « fabrique dispersée »

L’industrie masculine : du progrès au déclin

□   Le vestiaire masculin, composé de manteaux, vestes, pantalons, chemises et vêtements de travail, varie très peu dans sa structure et dans ses matières. Peu soumis aux variations de la mode mais très technique, le vêtement masculin a ainsi pu bénéficier, dès le milieu du XIXe siècle, d’une production en série.

□   Dès ses débuts, ce secteur a su innover dans les méthodes de production. Tou­jours à la pointe du progrès, ces entreprises de taille moyenne (100 personnes environ) ont été confrontées à une crise de la consommation, dans les années 50, et à la montée en puissance du secteur féminin.

□   Depuis, malgré la concentration des outils et des capitaux, de nombreuses entreprises ont dû fermer leurs portes au profit d’une production italienne qui a toujours su conserver son savoir-faire.

L’industrie féminine : vers une spécialisation

□   L’industrie féminine de l’habillement s’est surtout développée après guerre. La diversité des matières, des formes, l’influence de la mode ont contraint ce secteur à s’adapter aux changements de production et à la saisonnalité.

□   Cette industrie se caractérise par l’atomisation des entreprises, avec une tendance à la concentration et à la spécialisation. Les petites sociétés, largement

majoritaires, ne peuvent être compétitives que si elles se spécialisent, beaucoup n’ayant pas de ressources suffisantes pour se diversifier.

□   Depuis une dizaine d’années, les entreprises du secteur se sont spécialisées par type de produits. On trouve ainsi les « structurés », avec les manteaux, les tailleurs, les vestes et les jupes, et le « flou », avec les robes, les chemisiers et tous les vête­ments confectionnés dans des tissus fluides. Enfin, le dernier groupe représente les entreprises spécialisées dans les vêtements en maille, qui nécessitent un outillage spécifique.

□   Parallèlement, la spécialisation s’est orientée autour de produits très particu­liers à monter (vêtements de sport, robes de mariée…) et par famille de qualité (bas de gamme, moyen de gamme, haut de gamme).

Physionomie des entreprises

La France se distingue par l’extrême diversité des entreprises de l’habillement féminin et la cœxistence de structures de toutes tailles. Cette atomisation rappelle l’aspect artisanal d’un secteur où 91 % des sociétés emploient moins de 100 personnes et réalisent près de 80 % du chiffre d’affaires global. Les capitaux appar­tiennent souvent à la même famille, et il est fréquent de voir certains de ses membres y exercer des fonctions.

Industrie des villes, industrie des champs

■ Des spécialités régionales

En France, comme dans de nombreux pays d’Europe, des régions entières se sont spécialisées dans la production de vêtements dès le xixe siècle. Quatre régions se partagent 55 % de la produc­tion de vêtements : Île-de-France, 25% ; Nord-Pas-de-Calais, 11 % ; Rhône- Alpes, 10 % ; Pays de la Loire, 10 %.

Les 45 % restants sont répartis dans les 16 autres régions. Mais, contrairement à d’autres industries de biens manufacturés, l’habillement a pu s’agréger dans un cadre urbain et se développer au sein des villes, notamment à Paris, même si, aujourd’hui, la spéculation foncière et la crise du secteur ont relégué la production vers la proche banlieue.

Paris, capitale de la mode ?

Depuis le xixe siècle et la naissance de la haute couture, la capitale française était le symbole même de la mode. Mais cette suprématie a été battue en brèche dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec l’explosion des modes pour les jeunes en provenance d’Amérique. Peu à peu, d’autres pays ont concurrencé Paris. L’Angleterre, principale rivale, mais aussi l’Italie sont devenues des centres incontournables. Même la production et le « made in France » ont déserté la capitale pour s’installer dans des pays toujours plus lointains. Paris ne vit plus que de son passé, en attendant un nouvel avenir.

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