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Nouvelles figurations

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CONTEXTE

La figuration libre fait irruption au mois de juin 1981, chez le critique d’art Bernard Lamarche-Vadel. Sur le point de déménager il prête ses murs à un groupe hétéroclite de très jeunes peintres. Robert Combas, Hervé Di Rosa, Rémy Blanchard, François Boisrond Jean-Charles Biais et Jean-Michel Alberola et intitule cette exposition « Finir en beauté ». L’artiste Ben, du groupe Fluxus, baptise ce mouvement « figuration libre ». Des peintres de la figuration libre « populaire », issus des villes, Combas, Di Rosa, Blanchard, Boisrond. revendiquent leur appartenance à une culture urbaine de masse, une culture populaire qu’ils enrichissent de leur expérience personnelle. Leur démarche libre, anticulturelle, qui feint l’ignorance, anti-historique et auto-ironique, rappelle l’attitude dadaïste (—» DADA). Leur photographe, Louis James, et la presse grand public facilitent leur médiatisation et leur introduction auprès des milieux publicitaires et de la mode (ils réalisent une campagne d’affichage pour le compte des épiceries Félix Potin, le couturier Jean-Charles de Castelbajac leur confie des dessins de robes, et les tissus Boussac des imprimés). D’autres artistes, ceux de la figuration « savante », Biais, Alberola. cultivent l’art moins médiatique des maîtres d’autrefois.

Pour redonner du dynamisme à la peinture française, enrichir le patrimoine culturel et étendre la culture à tous, Jack Lang, ministre de la Culture en 1981 met en place les F.R.A.C. (Fonds régionaux d’art contemporain) dans chaque région de France. Cette initiative stimule le marché et favorise la décentralisation. Dans ce contexte, la figuration libre s’affirme comme un fait social en réaction à la période conceptuelle et minimaliste des années soixante-dix qui a paralysé les peintres pendant de longues années et créé un complexe par rapport à l’art américain. Graffiti Art serait le pendant américain de la figuration libre à la différence que les Français n’émettent pas de messages politiques et sociaux. En 1984, une double exposition consacre les deux mouvements, français et américain.

CARACTÉRISTIQUES

FIGURATION LIBRE, POPULAIRE

La figuration libre « populaire », s’inscrit, faute de moyens, sur des supports de fortune : toiles libres, affiches, cartons d’emballage et vieux bidons. Plus tard, ces très jeunes artistes créeront des œuvres monumentales, des compositions-environnements (sols, murs et plafonds peints) et des toiles de grand format.

Les artistes puisent leurs sujets dans la publicité, les mass média, la musique rock et punk. À partir de l’iconographie de la bande dessinée, ils décrivent un monde de monstres archétypaux (cyclopes, énormes bouches édentées), de visions apocalyptiques, de bandits, de scènes de « bouffie » de bagarre, de drague, avec toujours un fond sexuel. Ils représentent aussi des objets de la société de consommation : verres, télévision, avions, etc Les scènes « populaires » trouvent place les unes à côté des autres encadrées, dans la traditionnelle composition de la bande dessinée.

La répétition du trait, le remplissage, ne laissent pas le moindre centimètre carré vierge. Onomatopées et mots complètent les compositions. Les personnages bruts ou naïfs de la peinture « populaire » sont modelés par un large cerne noir empli de couleurs chromos, vives, posées dans un style rapide, volontairement simple.

FIGURATION SAVANTE

La figuration « savante » est représentée sur des toiles traditionnelles souvent de grand format. Les sujets font référence à la citation et mettent en scène des personnages mythiques ou des thèmes choisis par de grands artistes tels que le Tintoret (Suzanne et les Vieillards), Malevitch (le baigneur et les Cireurs de parquet contorsionnés), Daumier (ses personnages), des anges, des vanités etc, mais aussi des représentations fantasmagoriques. Les artistes se réfèrent aux perspectives historiques. Ils s’attachent au perfectionnement du métier : clair-obscur, qualité de la couleur et surface lisse rappellent les glacis d’autrefois.

ARTISTES

FIGURATION LIBRE, POPULAIRE

Robert Combas (né en 1957), François Boisrond (né en 1959), Hervé Di Rosa (né en 1959), Richard Di Rosa (né en 1963), Rémy Blanchard

(1958-1993), comme dans la vie et dans la bande dessinée, s’adressant aux spectateurs : « Viens donc parler avec moi (…) je veux te raconter la stupidité, la violence, la beauté, la haine, l’amour, le sérieux et le drôle, la logique et l’absurde qui entourent notre vie quotidienne » (Combas). Issus de province, de milieux populaires, ces anciens écoliers rebelles réalisent des dessins, ceux-là mêmes qui remplissaient leurs cahiers de brouillon. Catherine Millet, historienne de l’art, synthétise leur art par l’équation : « refus de la tradition culturelle = mythe du retour aux valeurs naturelles et instinctives, exaltation du paganisme ».

FIGURATION SAVANTE

Jean-Michel Alberola

(né en 1953) photographie la vie pour la retranscrire dans ses toiles. Il se souvient parallèlement des grands thèmes de la Renaissance qu’il décline et modernise, à la mémoire du Tintoret, de Velázquez, de Manet jusqu’à Marcel Duchamp. Les figures dessinées sont à dominantes brunes, rouges, et bleu de Prusse.

Jean-Charles Blais

(né en 1956) choisit comme support pour ses œuvres de larges revers d’affiches arrachées (—> NOUVEAU RÉALISME), sur lesquelles il peint des bonshommes aériens, sans visage, dans des teintes brunes et rouges : « Je peins des figures qui ne sont plus des personnages mais des objets (…) ».

Gérard Garouste

(né en 1946), un des premiers artistes de la peinture « savante » renouvelle la mythologie. Dans ses toiles, Sainte Thérèse d’Avila ou Orion le Magnifique, Orion l’Indien, il accroche la lumière mordorée à l’aide de rehauts de craie. « Quand je peins je retrouve le flochage de Delacroix et les glacis d’Ingres. À ce moment-là tout mon effort est de les éviter. »

OEUVRES

FIGURATION LIBRE, POPULAIRE

La Bataille

Combas, 1987, collection particulière, Paris.

Pearl Harbor

Combas, 1988, collection particulière, Paris.

« l’Art en sous sol », dans le métro parisien, affiches pour le groupe Félix Potin, François Boisrond et Hervé Di Rosa, 1982.

FIGURATION SAVANTE

Orion le Magnifique, Orion l’Indien

Garouste, 1984, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

Derrière Suzanne

Alberola, 1983, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

Peinture et collage sur papier

Biais, 1987, collection particulière.[tab:VIDEOS]

Vidéo : Nouvelles figurations

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Nouvelles figurations

http://www.youtube.com/watch?v=0Xn6wNwZJHw [tab:END]

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