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Les mouvements dans la peinture : Impressionnisme

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Impressionnisme ; écrit le: 18 mai 2012 par La rédaction

Les mouvements dans la peinture : Impressionnisme

CONTEXTE

vers 1862, de jeunes peintres jugent l’art sclérosé par les règles trop rigides enseignées aux Beaux-arts (—► ACADÉMISME) et s’associent à Paris autour de Claude Monet. Sur la voie tracée par Eugène Boudin et Johan Barthold Jongkind dans les années 1850-1860, ils exécutent leurs tableaux en plein air, sur le motif, et tentent de saisir les manifestations fugitives de l’atmosphère. En évitant l’atelier et ses artifices, ils recueillent des sensations visuelles du paysage, peignent la lumière et ses effets.



Les artistes se forment dans les ateliers privés et libres (l’atelier Gleyre, l’Académie suisse) et échangent leurs idées au café Guerbois. L’esthétique impressionniste, annoncée par William Turner, reçoit l’influence de Gustave Courbet et du réalisme (-» RÉALISME).

Ses adeptes vénèrent Eugène Delacroix qui expérimente avant eux la division des tons, les couleurs complémentaires et les contrastes colorés. Ils explorent aussi des sources d’inspiration neuves, les estampes japonaises et la photographie inventée en 1839.

Refusés aux Salons officiels et traités de « barbouilleurs », les artistes vivent dans la misère et cherchent à se faire connaître par des expositions privées. La première manifestation se tient à Paris, boulevard des Capucines dans les ateliers du photographe Félix Nadar en 1874. A cette occasion, le journaliste Louis Leroy du Charivari donne naissance au mot « impressionnisme » en ironisant sur le titre du fameux tableau de Claude Monet, Impression, soleil levant. sept autres expositions se succèdent jusqu’en 1886.

Déjà morcelé à cette date, le groupe se disperse.A partir des années 1880-1890, le mouvement se communique aux artistes étrangers, mais, surtout, ouvre la voie à des réactions esthétiques libres. Malgré l’hostilité générale, Emile Zola et le marchand de tableaux Paul Durand-Ruel soutiennent la peinture impressionniste tournée vers un monde paisible dans lequel n’apparaissent pas les difficultés sociales, politiques et économiques de l’époque. Le journaliste et critique d’art Théodore Duret achète des toiles et publie Histoire de l’impressionnisme en 1904.

CARACTÉRISTIQUES

Des innovations dans le matériel du peintre favorisent le travail à l’extérieur : le chevalet léger et la couleur en tube de zinc facilitent en effet le transport. Le peintre choisit chez le marchand de couleurs des toiles de petites dimensions déjà apprêtées et peint rapidement plusieurs tableaux à la suite pour matérialiser les sensations éphémères qu’il perçoit. L’impressionnisme marque un temps fort dans l’histoire du paysage français. Les peintres observent Paris et ses faubourgs, posent leur chevalet en Normandie et en Ile-de-France sur les bords de Seine, à la campagne et au bord de la mer. La recherche de nouvelles sensations colorées les amène à voyager (Claude Monet se rend en Normandie, à Londres, en Hollande…). Les titres des œuvres précisent un lieu, une saison ou une heure du jour. Captivés par le mouvement, la nature et la modernité, ils peignent le cheval, le chemin de fer, les ponts, les barques, les voiliers, les drapeaux, la fumée, le ciel, les nuages, les danseuses, l’eau et les reflets. La composition réduite à quelques plans superposés donne l’impression que le paysage bascule au premier plan. Les impressionnistes abandonnent le point de vue frontal et l’illusion de la profondeur. Ils multiplient les cadrages en plongée et en contre-plongée. Les contours, la densité et les volumes s’évanouissent avec le mouvement et la lumière.

Pour traduire la sensation naturelle du plein air, les impressionnistes utilisent les couleurs spectrales du soleil : le bleu, le jaune, le rouge (les couleurs primaires), l’orangé, le violet et le vert, (leurs complémentaires) ainsi que leurs tons intermédiaires et le blanc. Peintres de la lumière, ils excluent les gris et les noirs, et substituent au clair-obscur traditionnel le jeu des reflets qui transforment les tons réels et colorent les ombres.

Pour conserver la force des couleurs et suggérer l’éclat vibrant du soleil, les impressionnistes n’opèrent pas de mélange sur la palette et fractionnent les tons clairs et francs sur la toile. Les couleurs se fondent à distance dans l’œil du spectateur (mélange optique). Ils obtiennent aussi un papillotement lumineux en juxtaposant les couleurs complémentaires : Monet affectionne l’accord du rouge et du vert et Van Gogh celui du bleu et de l’orangé. La forme se confond avec le coup de pinceau : les touches horizon- IMPRESSIONISME taies suggèrent le clapotis des flots, une série de bâtonnets les brins d’herbe et les frottis un frisson dans les feuillages. L’exécution rapide et fragmentée diversifie les effets de matière, la touche peut être fluide, empâtée et granuleuse au sein d’un même tableau.

ARTISTES

France

L’un des plus fidèles adeptes de l’impressionnisme, Camille Pissarro (1830-1903) compose solidement ses œuvres, pratique les séries et joue des points de vue plongeants ou relevés.

Édouard Manet

(1832-1883) stimule les jeunes impressionnistes avec le Déjeuner sur l’herbe qui fait scandale au Salon des refusés de 1863 et il réalise quelques tableaux en plein air. Son style le place entre le réalisme et l’impressionnisme.

Edgar Degas

(1834-1917) peint une vie urbaine comparable à la société décrite par Émile Zola. Il se passionne pour le mouvement et la liberté de cadrage. L’artiste s’exprime avec des techniques variées (pastel, gouache) et inventives (peinture à l’huile sur toile non apprêtée), mais ne peint pas en plein air. Initié à l’impressionnisme par Camille Pissarro, Paul Cézanne ( 1839- 1906) conteste la dissolution des formes et y oppose la solidité géométrique et la fermeté du contour. De nationalité britannique, Alfred Sisley (1839-1899) se fixe en France et devient le peintre des sites d’Ile-de-France. Considéré comme le chef de file de l’impressionnisme et poète des jardins et de l’eau.

Claude Monet

(1840-1926) étudie tout au long de sa vie Tes variations atmosphériques et les sensations colorées qui en résultent. Son expérience l’incite à suggérer le temps qui s’écoule dans les séries : il fixe dans plusieurs toiles des instants lumineux observés sur un même motif. Pionnier de l’impressionnisme, Frédéric Bazille (1841-1870) adopte un palette claire et étudie la lumière en plein air.

Berthe Morisot

(1841-1895), belle-sœur d’Edouard Manet, expos régulièrement avec les impressionnistes dès 1874. Les jeux de la lumière sur les figures captivent Pierre-Auguste Renoi (1841-1919). Vers 1883, Il  renonce aux effets colorés évanescents e renoue avec les formes denses. L’Américaine Mary Cassatt (1844-1926) devient l’élève d’Edgar Degas qui influence chez elle le sens de la ligne. Le style impressionniste de Gustave Caillebotte (1848-1894) conserva un dessin précis. Fortuné et généreux, le peintre soutient financièrement ses amis impressionnistes en achetant leurs œuvres. Léguée à l’État à sa mort, sa collection soulève l’indignation. L’esthétique impressionniste mène Paul Gauguin (1848-1903) et Vincent Van Gogh (1853-1890) à l’épanouissement d’un style personnel.

Allemagne

Max Liebermann (1847-1935) adopte l’impressionnisme vers 1890 et Lovis Corinth (1858-1925) se caractérise par un coup de pinceau vigoureux et empâté.

Grande-Bretagne

Entre 1888 et 1893, les paysages de Philip Wilson Steer (1860-1942) témoignent d’un certain attrait pour Monet et Renoir.

États-Unis

John Twachtman (1853-1902) fréquente l’académie Julian de 1883 à 1885 et peint en plein air avec son compatriote Frederick Childe Hassam (1859-1938) sur la côte normande.

Pologne

Des artistes regroupés en un mouvement, le XAP1SME ou « colorisme polonais », en 1923, réalisent des œuvres impressionnistes tardivement, jusque vers 1930. Parmi les plus importants, Jan Cybis (né en 1897) développe un lyrisme coloré dans la nature morte, le paysage et le portrait.

OEUVRES

Réunion de famille

Bazille, 1868,-musée d’Orsay, Paris.

La Grenouillère

Renoir, 1869, collection Oskar Reinhart, Winterthur.

Gelée blanche

Pissarro, 1873, musée d’Orsay, Paris.

La Maison du pendu

Cézanne, 1873, musée d’Orsay, Paris.

Impression, soleil levant

Monet, 1872, musée Marmottan, Paris.

L’Étoile ou la Danseuse sur la scène

Degas, 1878, musée d’Orsay, Paris.

Décor des nymphéas

Monet, 1918-1926, musée de l’Orangerie, Paris.


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