Arts de la table : Les assiettes imprimées illustrées

> > Arts de la table : Les assiettes imprimées illustrées ; écrit le: 17 mars 2012 par La rédaction

Fabriquées en série au XIXe siècle, les assiettes illustrées sont encore très nombreuses. On peut les utiliser comme assiettes à dessert ou les marier à des assiettes plates aux couleurs coordonnées. Le charme un peu désuet des rébus, des scènes de la vie militaire ou des blagues bon enfant est, dans tous les cas, irrésistible.

De la gazette aux fables

Jusque vers 1837, les décors sont monochromes : le bleu, le bistre ou le noir sont appliqués sur la faïence fine blanche ou sur une pâte colorée aux oxydes métalliques (fonds jaunes, produits essentiellement par Creil, ou, plus rarement, verts). Puis les assiettes deviennent bicolores avec une impression, par exemple en noir, pour le centre et une autre, en bleu, en vert ou en rouge, pour la bordure. Enfin apparaît la polychromie, qui s’obtient en ajoutant des couleurs au pochoir sur la faïence imprimée. Jusque vers 1830, les thèmes restent sages et les décors s’écartent peu de ceux exécutés à la main, le motif étant centré sur le bassin de l’assiette tandis qu’une bordure de fleurs ou de feuilles d’acanthe ou de chêne parcourt l’aile.

La mythologie est une des premières sources d’inspiration avec, au centre, la vie des héros ou des dieux et, sur l’aile, une frise de palmettes ou de pampres. L’histoire est aussi très prisée. La mode «troubadour», lancée par la duchesse de Berry, belle-fille de Charles X, avec des décors inspirés de Walter Scott, fait merveille. Avec les rois de France, la Révolution et Napoléon se disputent la vedette. La géographie apparaît aussi avec de sages vues de villes, de villages, de monuments. C’est également le début de thèmes un peu moins sérieux comme les fables de La Fontaine, les premières chansons et quelques rébus.

Devinettes, romans et chansons

Sous Louis-Philippe, l’assiette se charge de décors polychromes jaune vif, orangé, bleu, mauve, brun. L’aile est couverte de motifs compliqués de fruits, de bouquets, de quadrillages, de lambrequins, tandis que le centre est occupé par des décors où dominent fantaisie et humour. Mais les thèmes historiques sérieux, la géographie, les faits de guerre et les portraits de grands hommes ont aussi la faveur du public.

Le second Empire marque, on le sait, le retour au style rocaille et aux couleurs moins vives. Les assiettes sont chantournées, leurs contours imitent les pétales de fleurs, les ailes se parent d’un léger décor en relief blanc sur blanc, représentant des points, des feuillages ou imitant la vannerie. Le décor est en noir, sépia ou gris en médaillon sur le bassin. Les thèmes touchent souvent aux grandes inventions, aux ouvrages d’art, aux Expositions universelles, aux faits militaires ; les grands romans de l’époque, tels Les Mystères de Paris ou Le Comte de Monte-Cristo, sont racontés en six assiettes ; des chansons apparaissent avec une assiette par couplet; la veine humoristique est à son apogée avec beaucoup de satires, charades, blagues, rébus, devinettes et proverbes.

Vers la fin du XIXe siècle, l’impression abandonne le noir et l’assiette se pare de nouveau de couleurs. Elle s’agrandit, joue les périodiques satiriques, glorifie les héros et les hommes politiques. Le thème patriotique, principalement celui de l’Alsace- Lorraine, est l’un des plus prisés, toujours traité de manière humoristique, de même que les scènes de la vie militaire. L’iconographie religieuse est bien appréciée, les assiettes devenant des pages de catéchisme. C’est à cette époque aussi qu’apparaissent les premières assiettes publicitaires.

Après la seconde Guerre mondiale, l’inté¬rêt pour les assiettes illustrées tombe, même si l’on trouve encore des thèmes amusants comme l’histoire du Tour de France, de l’automobile ou de l’aviation.

Les principales manufactures

Créée vers 1745, la manufacture de Montereau, en Seine-et-Marne, est la plus ancienne. Elle prend en 1775 le nom de « Manufacture de la Reine ». Par la haute qualité de sa pâte, elle concurrence Sarreguemines à l’exposition des Produits industriels de 1801-1802.

La manufacture de Creil, sur les bords de l’Oise, existe depuis 1797, mais ne commence à fonctionner véritablement qu’après 1802. Elle devient célèbre avec l’arrivée de Charles-Gaspard Alexandre Saint-Cricq Casaux, qui remporte de nombreuses médailles d’or aux différentes expositions des Produits de l’industrie. Quant à la manufacture de Choisy, fondée en 1804, elle se caractérise par ses décors d’une grande finesse. C’est la principale concurrente de Creil et de Montereau. Ses pièces portent la mention de demi-porce- laine. À partir de 1878, elle fabrique de la terre de fer, une faïence fine particulièrement résistante.

En 1819, Saint-Cricq Casaux, propriétaire de Creil, rachète la manufacture de Montereau. En 1825, il commence par la louer à la société Louis Lebeuf et Etienne Thibault avant de réaliser la véritable fusion en créant, en 1840, la Société des Faïenceries de Creil et de Montereau. En 1895, Creil ferme ses portes et s’installe à Montereau. En 1920, Montereau achète Choisy-le-Roi, qui cesse son activité en 1934. Montereau ferme définitivement en 1955.
En 1772, Joseph Fabry et les frères Nicolas et Augustin Jacoby fondent une faïencerie à Sarreguemines. En 1778, ils recrutent un jeune Bavarois, François-Paul Ultzschneider, qui a travaillé chez Wedgwood, la célèbre manufacture anglaise. Il remporte de nombreuses récompenses. Son gendre puis son fils prennent sa succession. Après la guerre de 1870, Sarreguemines se retrouve dans la partie de la Lorraine annexée par l’Allemagne. Elle doit acquitter des droits de douane à chaque passage de la frontière. Aussi fonde-t-elle une nouvelle manufacture, à Digoin, en Saône-et-Loire. À partir de cette date, les pièces portent le nom des deux faïenceries.

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