Le jean

> > Le jean ; écrit le: 19 mars 2012 par La rédaction

Le jean est un pantalon peu salissant, qui ne se froisse pas, sup­porte l’usure, est bon marché. À l’origine, c’est un pantalon avec cinq poches de couleur indigo. Aujourd’hui, il existe dans de nombreuses formes et couleurs. Le jean a le privilège d’être le seul pantalon à habiller plusieurs générations simultanément.

Jean et sémantique

□   Le terme « jean » est utilisé pour la première fois en 1567. Il est le dérivé de genoese (« génois » en anglais). Les Anglais exportaient des tissus de coton prove­nant de la ville de Gênes, en Italie, appelés futaines de Gênes, jean ou jeane. Le jean est une étoffe de coton à armure sergé dont les fils de chaîne et de trame sont de la même couleur. Dès 1920, en Europe, le jean, abréviation de l’expression améri­caine a paire of jeans devient le nom générique du pantalon.

□   Le denim, déformation de serge de Nîmes, était une bure très solide tissée dans la ville de Nîmes au XVIIe siècle. Réservé à la confection de vêtements de travail, le denim est également un sergé de coton, mais avec un fil de chaîne teint, en général bleu indigo, et un fil de trame écru.

Du bricolage à l’industrie

□   La légende du jean démarre avec Lévi Strauss, juif allemand immigré aux États- Unis et devenu colporteur en 1847. Pour répondre aux besoins des chercheurs d’or, il a l’idée de confectionner des vêtements de travail dans la bâche en denim, très résistante. En 1853, il s’installe avec son frère à San Francisco et vend vête­ments et tissus. Parmi ses clients, un certain Jacob Davis, modeste tailleur, confec­tionne un pantalon qu’il renforce de rivets aux points sensibles. Peu argenté, il doit faire appel à son fournisseur Lévi Strauss pour lui avancer les fonds nécessaires au dépôt de brevet, moyennant un partage des bénéfices.

□   En 1860, la marque Lévi Strauss adopte définitivement le denim. Une autre légende est en marche, celle du 501. Outre les rivets, apparaissent, dès 1873, les surpiqûres apposées sur les poches arrière. Le fil de ces surpiqûres était en lin orange pour être assorti aux rivets. La première étiquette, représentant deux che­vaux en cuir, apparaît en 1866, mais est remplacée en 1936 par une petite étiquette rouge. Réalisé dans les meilleures qualités de denim, le 501 désignait simplement le numéro de son lot de fabrication.

De la conquête de l’Ouest à la contre-culture

Le jean va symboliser l’Amérique. Dans un premier temps, il représente le tra­vailleur, héros de la conquête de l’Ouest, puis le cow-boy. 11 rejoint ensuite un autre mythe américain, le cinéma. Porté par les plus grandes stars, de John Wayne à Henri Fonda et Gary Cooper, il s’universalise. Mais c’est avec James Dean qu’il va représenter, à partir des années 50, la jeunesse et la révolte, mais aussi le rock’n roll. Le jean sera utilisé par tous les mouvements sociaux (féminisme, mouvement hippie). Le jean est considéré comme un vêtement démocratique, car son usage s’est généralisé à toutes les couches de la société, quel que soit le sexe ou la profession.

La couleur bleue

■   Une couleur provisoire

Un vêtement confectionné en jean a une particularité : il doit se bonifier avec le temps et, surtout, prendre cette teinte passée si caractéristique. Autrefois, on achetait un jean brut, sans traitement, d’une couleur bleu indigo profond. Usé, après de multiples lavages, le jean enfin était délavé. L’effet graduel du délavage d’un jean bleu indigo tient à son armure serge. Quelle que que soit sa couleur d’origine, les fils de chaîne et de trame étant de couleurs différentes et tissés en oblique, la couleur tend à déteindre sur l’écru.

■   La saga du bleu

Le jean est souvent associé à la couleur bleue. Depuis 1920, on parle même de blue jean, même si on a oublié que les premiers jeans de Lévi Strauss étaient plutôt marron. L’adoption du bleu s’est faite dès la popularisation des vêtements en jean, pour des raisons obscures.

La teinture bleue peut être obtenue grâce à différentes plantes, la principale restant l’indigotier. Plante rare et chère, l’indigo est au centre d’un véritable engouement planétaire depuis des siècles. L’indigo est délicat à obtenir et requiert temps et matériel. Malgré des techniques complexes, cette couleur a traversé les continents.

L’indigo, originaire de l’Inde, se serait répandu vers la Perse et l’Égypte quelque vingt-cinq siècles av. J.-C. Mais on le trouve également en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud. Ce n’est qu’au xixe siècle que les Allemands purent synthétiser chimiquement cette couleur.

■   Du bleu de travail au jean

La perception de la couleur bleue semble commune à de nombreuses cul­tures, très différentes les unes des autres. En Europe, le bleu est une couleur de prédilection, et semble sym – boliser plus particulièrement la France, où on cultivait une autre plante, la guède, qui donnait un bleu moins pro­fond que l’indigo. Au xve siècle, l’ouver­ture des routes maritimes vers l’Asie favorise l’importation de l’indigo.

Malgré le refus de la France, tous les pays européens utilisent cette plante. Le bleu sert dès lors à la fois au costume civil et à l’uniforme militaire. Au xme siècle, le bleu est la couleur principale des teinturiers, qu’ils mélangent pour obtenir d’autres teintes. Simple à réaliser, elle devient la couleur des vêtements de travail. Au xixee siècle, Lévi Strauss va se servir de ce bleu, couleur dominante, ne nécessitant pas d’apprêt, bon marché et à la tonalité populaire.

Vidéo : Le jean

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